L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


COLLAS Pierre, Louis, Jules.



Matricule "45383" à Auschwitz

Pierre Collas est né le 14 mars 1914 à Savonnières-en-Perthois (Meuse) où il habite au moment de son arrestation. 
Il est le fils de Lucie, Léontine Champlon et d’Adrien Collas son époux.
Pierre Collas est marié avec Huguette.
A l'Occupation, Pierre Collas est arrêté en même temps que son père, Adrien Collas entre le 22 et le 23 juin 1941. Son arrestation et celle de plusieurs autres militants communistes ou syndicalistes meusiens a lieu dans le cadre de la grande rafle commencée le 22 juin, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique. Sous le nom « d’Aktion Theoderich », les Allemands, avec l’aide de la police française, arrêtent plus de mille communistes dans la zone occupée. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy, les meusiens sont envoyés, à la demande des autorités allemandes, le 27 juin 1941, au camp de Royallieu à Compiègne (Oise), administré par la Wehrmacht et qui ce jour là devient un camp de détention des “ennemis actifs du Reich”. Selon Henri Pasdeloup(1), le groupe des meusiens est immatriculé le 28 juin 1941 entre les numéros 542 et 564. Pierre Collas reçoit le n° matricule 538. Son nom est porté sur la liste de recensement des jeunes communistes du camp de Compiègne aptes à être déportés "à l’Est", en application de l’avis du 14 décembre 1941 du commandant militaire en France, Otto von Stülpnagel (archives du CDJC). Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages.
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Pierre Collas est déporté en mêmem temps que son père Adrien Collas à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45383".
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 

Pierre Collas meurt à Auschwitz-Birkenau au début 1943. On trouve en effet son nom et son matricule à l'infirmerie de Birkenau le 12 janvier 1943 (liste relevé par André Montagne et Claudine-Cardon Hamet). L'arrêté du secrétaire d'État aux anciens combattants en date du 9 novembre 1987, portant apposition de la mention «Mort en déportation» sur les actes ou jugements déclaratifs de décès a retenu la date fictive et identique à celle de son père ("décédé le 15 mars 1943 à Auschwitz (Pologne)". (J.O. du 24 décembre 1987). Son nom figure sur le monument aux morts près de l'église de Savonnières.

Note 1 : Henri Pasdeloup, n° 59206 à Sachsenhausen, récit sur le départ des "45000", in "Sachso", page 36, par l'Amicale d'Oranienburg-Sachsenhausen. Il mentionne "collas père", ainsi que Lavigne, Laurent, Dugny, Nageot, Bonhomme.

Sources
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Renseignements fournis par la Mairie de Savonnières.
  • Courriers à Mme Huguette Henry, veuve de Pierre Collas (juillet 1991).
  • © Site Internet Mémorial-GenWeb
  • © Site www.mortsdanslescamps.com
Biographie rédigée en avril 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : « Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 », Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com .Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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