L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


COLLAS Adrien, Emile, Henri



Adrien Collas à Auschwitz
Matricule "45382" à Auschwitz

Adrien Collas est né le 23 septembre 1888 à Epizon (Haute-Marne). 
Il habite à Savonnières-en-Perthois (Meuse) au moment de son arrestation.
Il est le fils de Marie, Léontine Collas, 40 ans, sans profession et de Rémi, Jules Collas, 45 ans, maçon, son époux.
Lors du conseil de révision, Adrien Collas habite à Epizon, il y travaille comme carrier. Son registre matricule militaire indique qu’il mesure 1m 64, a les cheveux noirs, les yeux bleus, le front ordinaire, le nez pointu et le visage ovale. Il est noté sur le registre qu’il a le permis de conduire les motocyclettes.
Conscrit de la classe 1908, il est incorporé à la 6ème section d’infirmiers militaires le 9 octobre 1909. Il est classé « service armé » sur proposition de la commission de réforme du camp de Châlons le 11 septembre 1911. Mis en disponibilité le 24 septembre 1911. Il se retire à Savonnières-en-Perthois.
Le 13 mai 1913, Adrien Collas épouse Lucie, Léontine Champlon le à Savonnières-en-Perthois. Le couple a un fils, Pierre Collas qui sera déporté avec son père à Auschwitz. 
Adrien Collas est alors ouvrier carrier, à Savonnières-en-Perthois (Meuse).
Il est « rappelé à l’activité » par le décret de mobilisation générale du 2 août 1914. Il rejoint la 23ème section d’infirmiers militaires sur le front du 2 août 1914 au 21 novembre 1916. A cette date, il passe au 3ème régiment d’artillerie à pied. Le 21 juin 1917, il est évacué pour maladie sur l’hôpital temporaire n° 60 d’Amiens. Il retourne « aux armées » le 26 juillet 1917. Le 14 août 1918, il est à nouveau évacué sur un hôpital de campagne. Il retourne « aux armées » le 9 octobre 1918. Le 16 novembre 1918, il passe au 156ème régiment d’artillerie à pied. Le 27 décembre 1918, il est de nouveau évacué vers un hôpital militaire pour maladie. Il retourne « aux armées » le 6 janvier 1919. Le 27 mars 1919, il est mis en congé illimité de démobilisation et « se retire » à Savonnières-en-Perthois.  Il adhère à l'ARAC (1).
Il est trésorier de l'Union départementale CGTU de la Meuse, qui comptait 650 cotisants, dont 210 carriers en avril 1922. Il est secrétaire du Syndicat unitaire des carriers de Savonnières en 1927.
"Adrien Collas était le frère de Paul Collas et lui avait succédé au secrétariat du syndicat lorsque celui-ci était parti pour Wassy. (Haute-Marne)" (Maîtron).
Adrien Collas est arrêté en même temps que son fils, entre le 22 et le 23 juin 1941. Son arrestation et celle de plusieurs autres militants communistes ou syndicalistes meusiens a lieu dans le cadre de la grande rafle commencée le 22 juin, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique. Sous le nom « d’Aktion Theoderich », les Allemands, avec l’aide de la police française, arrêtent plus de mille communistes dans la zone occupée. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy, les meusiens sont envoyés, à la demande des autorités allemandes, le 27 juin 1941, au camp de Royallieu à Compiègne (Oise), administré par la Wehrmacht et qui ce jour là devient un camp de détention des “ennemis actifs du Reich”. Selon Henri Pasdeloup(1), le groupe des meusiens est immatriculé le 28 juin 1941 entre les numéros 542 et 564. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages.
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Adien Collas est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45382".
Immatriculation à Auschwitz
 le 8 juillet 1942
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Adrien Collas meurt à Auschwitz le 14 février 1943 d’après le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 184). L'arrêté du secrétaire d'État aux anciens combattants en date du 9 novembre 1987, portant apposition de la mention «Mort en déportation» sur les actes ou jugements déclaratifs de décès de a retenu une date voisine quoique fictive (décédé le 15 mars 1943 à Auschwitz (Pologne). (J.O. du 24 décembre 1987).
Son nom figure sur le monument aux morts près de l”église de Savonnières.

  • Note 1 : L’Association républicaine des anciens combattants, fondée en novembre 1917,par Raymond Lefebvre, Henri Barbusse (son premier président), Paul-Vaillant-Couturier, Boris Souvarine... 
Sources
  • Henri Pasdeloup, n° 59206 à Sachsenhausen, récit sur le départ des "45000", in "Sachso", page 36, par l'Amicale d'Oranienburg-Sachsenhausen.
  • Il mentionne "collas père", ainsi que Lavigne, Laurent, Dugny, Nageot, Bonhomme. Renseignements fournis par la Mairie de Savonnières.
  • Courriers de Mme Huguette Henry, bru d'Adrien Collas, et veuve de Pierre (juillet 1991).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom édition 1997. Tome 23, P. 67 (sources, Arch. Nat. F7 13003 / 13652).
  • © Site Internet Mémorial-GenWeb
  • © Site www.mortsdanslescamps.com
  • © Archives en ligne : Etat civil de Haute-Marne et Registres matricules militaires de la Meuse.
Biographie rédigée en avril 2011, complétée en décembre 2015 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : « Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 », Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com. Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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