L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


VASSELIN EDOUARD GUSTAVE




Matricule 46179 à Auschwitz

Edouard (Gustave) Vasselin est né le 20 mars 1901 à Paris (XIIème). Fils d’un ébéniste du faubourg Saint-Antoine et d’une couturière, il habite au 81, rue Pierre-Curie, à Bagnolet (Seine-93) au moment de son arrestation. Il vit maritalement avec Reine Boils (elle sera déportée et reviendra des camps).
Militant communiste « actif et connu », syndiqué à la CGT, il s’engage dans les Brigades internationales de la République d'Espagne pour combattre la rébellion du général Franco. A son retour en France, il reprend contact avec le Parti communiste.
Edouard Vasselin est arrêté le 9 novembre 1940 pour activité communiste. Il est interné administratif au camp de « séjour surveillé » d’Aincourt, dans le département de la Seine-et-Oise (aujourd’hui dans le Val d’Oise), près de Mantes, ouvert spécialement, à partir du 5 octobre 1940, pour y enfermer les communistes arrêtés dans la région parisienne par le gouvernement de Vichy.
Le 6 septembre 1941, il est transféré - avec les 148 autres détenus d’Aincourt, membres du Parti communiste de la région parisienne - au camp d’internement administratif de Rouillé pour l’ouverture de celui-ci (sous la dénomination de « Centre de séjour surveillé ") dans le Haut-Poitou (Vienne).
Dans les premiers jours de février 1942, il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent le 9 février 1942 au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). Le transfert concerne plus de 50 internés du Camp de Rouillé dont 36 seront déportés avec lui à Auschwitz le 6 juillet 1942. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».
Edouard Vasselin est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 46179. Edouard Vasselin meurt à Auschwitz le 5 août 1942 (date inscrite dans les registres du camp et transcrite à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz ; in Death Books from Auschwitz, Tome 3, page 1273). Cette date a été reprise par l’arrêté ministériel du 2 mai 2001 portant apposition de la mention « Mort en déportation » sur les actes et jugements déclaratifs de décès.
Une plaque portant son nom a été apposée au 63 avenue Raspail à Bagnolet (Photo Claude Fath), et une autre à son domicile au 81, rue Pierre Curie (Photo Alain Claudeville).

Sources
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (fiche individuelle consultée en 1992).
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom, éditions 1998 et 2011. Note de Jean-Pierre Besse.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau indiquant généralement la date de décès au camp (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen).
    • © Site Internet Mémorial-GenWeb.
    • © Site Internet Les plaques commémoratives, sources de mémoire.
    • © Site www.mortsdanslescamps.com
Biographie rédigée en mars 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
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