L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


DUVAL HENRI EDMOND ROBERT



45519

Henri Duval est né le 21 juillet 1898 à Paris 19ème
Il est le fils deMarie, Augustine Cuai, 29 ans et de Gervais, Gabriel Duval, comptable, son épopux.
Il habite au 62 rue Marie Anne Colombier à Bagnolet (Seine / Seine-St-Denis) au moment de son arrestation. 
Il est chaudronnier. Militant syndical.
Il épouse Lucie, Louise Caillette le 20 avril 1922 à Paris 19ème.
Henri Duval est arrêté le 4 juillet 1941. Le motif qui figure sur sa fiche individuelle au BAVCC à Caen est : «syndicaliste».
Il est interné le même jour à la caserne des Tourelles, boulevard Mortier à Paris XXème. Il est transféré le 9 octobre 1941 au camp d’internement administratif de Rouillé dans le Haut-Poitou (Vienne), ouvert le 6 septembre 1941 sous la dénomination de "centre de séjour surveillé" pour y interner les membres du Parti Communiste et syndicalistes de la région parisienne.
Le 22 mai 1942, à la demande des autorités allemandes il est transféré, avec environ 180 détenus de Rouillé, au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) en vue de sa déportation comme otage. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Henri Duval est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45.000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Dessin de Franz Reisz 1946
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45519.
Henri Duval meurt à Auschwitz le 18 septembre 1942 (date inscrite dans les registres du camp et transcrite à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz ; in Death Books from Auschwitz, Tome 2, page 248). Cette date suit une importante «sélection» des «inaptes au travail» destinés à être éliminés dans les chambres à gaz de Birkenau, « sélection » au cours de laquelle près de 150 « 45000 » ont été assassinés.
Cette date a été reprise par l’arrêté ministériel du 32 mars 1989 portant apposition de la mention “Mort en déportation” sur son acte de décès (J.O. du 30-05-1989).
Il a été déclaré "Mort pour la France". Le titre de « déporté politique » lui a été attribué le 5 octobre 1954.

Sources
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (fiche individuelle consultée en décembre 1992).
  • © Site www.mortsdanslescamps.com
Biographie rédigée en mars 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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