L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


CHASSEPOT Claude, Marie, Pierre



Claude Chassepot

Biographie devenue techniquement illisible. 
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45358

Claude Chassepot est né le 11 juillet 1903 à Saint-Vallier (Saône-et-Loire). Originaire d'une famille de 10 enfants, il est le fils de Jeanne Langrost, 28 ans et de Philibert Chassepot, 37 ans, manoeuvre. 
Claude Chassepot  habite au Vernois-Saint-Vallier (Saône-et-Loire)
Il est célibataire, mineur au Puits des Alouettes de Montceau-les-Mines.
Claude Chassepot est communiste, syndicaliste CGT. La grève des mineurs, en mai 41, inquiéte les autorités.
Il est arrêté le 22 juin 1941, à la Coopérative des Mineurs de Saint Vallier, par 2 policiers allemands et un inspecteur français. Sa maison est perquisitionnée (recherche de tracts), et un de ses frères est un moment arrêté.
A cette date, 22 juin 1941, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique, les Allemands arrêtent dans la zone occupée et avec l’aide de la police française plus de mille communistes (sous le nom « d’Aktion Theoderich »). 
D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy (Dijon et Châlon pour la Saône-et-Loire), ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré par la Wehrmacht et qui ce jour là devient un camp de détention des “ennemis actifs du Reich”.Paul Girard (de Montchanin), Alphonse Mérot (de Châlon-sur-Saône), Charles Renaud (de Montceau) sont arrêtés le même jour.
Claude Chassepot est détenu dans les prisons de Châlon-sur-Saône et de Dijon. Avec ces mêmes camarades, il est amené à Paris par le train, puis à la Gare du Nord par le Métro. Dans le wagon qui les emmène vers Compiègne les gardiens s'endorment : "Nous aurions pu nous évader - écrit-il - mais pour aller où ?".

La caisse de solidarité
Il est interné à Royallieu (1) le 19 juillet 1941 sous le matricule 1337 (chambre 8, Bâtiment A5). Document ci-contre : son nom figure dans la liste des versements à la caisse de solidarité (document Charles Renaud). Claude Chassepot a fait le récit de son arrestation et de la vie à Compiègne dans son journal : les éléments qui suivent en sont extraits. Il étudie l'italien (avec un groupe de détenus italiens antifascistes), l'espéranto, la sténo, et participe à toutes les activités culturelles. Il note : "bientôt je connaîtrai mieux la grammaire italienne que la française". Dans le couloir du Bâtiment, une affiche. "Nous sommes considérés comme des otages. Il y aura des fusillés parmi nous". Chacun doit en avertir sa famille : "Je m'en donnerai bien garde. Ma mère en serait affolée...". Il passe devant la Commission "On me demande pourquoi j'étais communiste". Le 19 septembre 1941 "des soldats sont venus chercher 3 camarades. : Pitard, Hajje et Rolnikas" (2). Ce sont 3 avocats communistes qui seront fusillés le 20 septembre au Mont-Valérien.Ils sont cinq de Saône-et-Loire : mais 10 nouveaux otages sont emmenés le 8 décembre, parmi eux, Paul Damichel, instituteur, secrétaire départemental du parti communiste de Saône-et- Loire, qui est comme lui dans la chambre 8. Il sera fusillé en même temps que 94 otages dont Gabriel Péri le 15 décembre 1941.
Pour Noël : grande exposition de travaux : le produit alimentera la Caisse de Solidarité. Les effectifs ont augmenté : "un millier de Juifs sont mis à part, gardés militairement. Une centaine d'internés, venant d'autres camps, sont mis au secret." Le cahier s'achève le 15 février 1942. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».


Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Claude Chassepot est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 

8 juillet, l'immatriculation à Auschwitz


45358 selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz.
Claude Chassepot meurt à Auschwitz le 21 septembre 1942, selon les registres du camp (in "Death Books from Auschwitz", tome 2 page 165). Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Il a été déclaré "Mort pour la France". Et la mention "mort en déportation" est apposée sur son acte de décès le 12.6.1989.
Son nom est gravé sur le monument aux Morts de Saint-Vallier.
Une plaque commémorative est apposée dans l'église du bourg.

  • (1) Sur l'internement à Compiègne, lire les pages 90 à 103 de "Triangles rouges à Auschwitz".
  • (2) Le 19 septembre 1941 à 20 heures, trois soldats allemands viennent chercher Michel Rolnikas, Antoine Hajje et Georges Pitard. Les trois avocats communistes seront fusillés le lendemain au Mont Valérien avec 12 autres résistants dont 7 militants communistes. Les internés de Compiègne apprennent la nouvelle par les journaux, le lundi 22 septembre. ("Triangles rouges à Auschwitz", pages 95/96).
Sources
  • Indications données par Raymond Renaud, le fils de Charles Renaud (1988).
  • La mairie de St Vallier (1990) nous a fourni l'acte de naissance avec mention marginale et donné l'adresse de sa soeur. Mme Dol rencontrée le 16 septembre 1991, a communiqué les cahiers de son frère, remis à la famille "par un prêtre dijonnais" peu après la Libération.
  • Un journal relatant quasi au jour le jour son arrestation, ses différents internements, et la vie à Royallieu
  • Des cahiers d'étude : italien, espéranto, sténo.
  • Des travaux corrigés (dictées, exercices)
  • Des carnets de dessins. Mme Dol, qui demeure la dernière de sa famille décide de confier ce précieux dépôt au Musée national de la Résistance (Champigny)
  • Recherche effectuées par M. Terrenoire dans le bassin minier.
  • Recherches de Mme Marguerite Krivopissko-Cardon, ancienne résistante et responsable politique du PCF en Saône-et-Loire avant de devenir Conseillère générale et Conseillère régionale dans le Val d'Oise.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen (1991).
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Archives de Caen du ministère de la Défense). "Liste communiquée par M. Van de Laar, mission néerlandaise de Recherche à Paris le 29.6.1948", établie à partir des déclarations de décès du camp d'Auschwitz (N° 32163 et 67).
Biographie rédigée en mars 2006 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages :Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005).
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