L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


MOREL LOUIS JOSEPH




Matricule "45896" à Auschwitz

Louis Morel est né le 12 avril 1902 à Besançon (Doubs). Il habite au 61 rue d'Olivet à Salins (Jura) au moment de son arrestation.

Il est le fils de Jeanne, Augustine Convert, 22 ans, journalière et de Charles, Séraphin Morel, 25 ans, jardinier, puis journalier à la Compagnie des Tramways, ouvrier d’usine, son époux.
Son père est inscrit sur la liste des antimilitaristes du Doubs pour 1912 (le fameux carnet B) "signalé en 1907 et pendant la grève des soieries".
Son père, soldat au 42ème Régiment d’Infanterie est tué le 8 avril 1915 lors de la bataille de l’Aisne à Berny-Rivière. Louis Morel sera adopté par la nation le 22 janvier 1919. Ila deux sœurs cadettes (Hélène, née en 1904 et Eglantine, née en 1907) et un frère cadet, Eugène, né en 1909. 
Louis Morel épouse Renée, Alix Cornu le 9 septembre 1925 à Salins.
On ignore sa profession et les antécédents, syndicaux ou politiques, qui ont conduit à son arrestation le 26 février 1942.
Louis Morel est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent dès le 19 octobre 1941 au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). 
A Compiègne, Louis Morel fait partie du nouveau petit groupe des cuisiniers, avec Louis Eudier, Legal, Georges Terrier, Gaston Mallard, Louis Richard, Jean Tarnus, Louis Richard), groupe désigné par Georges Cogniot (le «doyen» du camp pour les allemands, mais qui est également responsable de l’organisation communiste clandestine). Depuis le camp de Compiègne, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Louis Morel est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45896" selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz.
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a été pas retrouvée parmi les 522 photos que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale" Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Louis Morel meurt à Birkenau (témoignage d'Henri Peiffer) le 19 septembre 1942, d’«entérite et de faiblesse du corps» selon le registre de l’infirmerie du camp. Cette date est celle d’une importante «sélection» des «inaptes au travail» destinés à être éliminés dans les chambres à gaz de Birkenau (la date de décès de Louis Morel est inscrite dans les registres du camp et transcrite à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz ; in Death Books from Auschwitz, Tome 2 page 828).
Cette date a été reprise par l’arrêté du 31 juillet 1997 portant apposition de la mention “Mort en déportation” sur son acte de décès.
Il a été déclaré "Mort pour la France". Le titre de « Déporté politique » lui a été attribué en 1954.
Le nom de Louis Morel est inscrit sur le monument aux morts de Salins, au carrefour des routes départementales 472 et 492.

Sources

  • Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon (correspondance avec Mme Elizabeth Pastwa, conservateur, 23 nov. 1991).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (fiche individuelle consultée en janvier 1992).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau indiquant généralement la date de décès au camp (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen).
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Archives de Caen du ministère de la Défense). "Liste communiquée par M. Van de Laar, mission néerlandaise de Recherche à Paris le 29.6.1948", établie à partir des déclarations de décès du camp d'Auschwitz. Liste V (n° 31928) - Liste S (n°248).
  • © Site Internet Mémorial-GenWeb
  • © Site www.mortsdanslescamps.com
Biographie rédigée en février 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com 

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