L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BUDIN VICTOR, EMILE



Matricule "45309" à Auschwitz

Victor Budin est né le 25 septembre 1903, rue Donneaux à Vierzon (Cher). 
Il habite au lieu-dit Le Liérreux, un des 56 lieux-dits de Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher) au moment de son arrestation.
Victor Budin est le fils de Modeste, Céleste Budin, 36 ans, célibataire, journalière puis domestique. Il est le cadet d’une fratrie de 4 enfants : il a 2 sœurs aînées, Georgette, qui naît en 1887 et Victoria, qui naît en 1902, et un frère aîné, Alexandre qui naît en 1889.
Victor Budin est plâtrier.
Il est arrêté à Romorantin le 1er mai 1942. Cette arrestation s’inscrit dans la rafle des 1er et 2 mai 1942 qui concerne 140 communistes ou présumés tels (dont certains avaient déjà été arrêtés lui en 1940 ou 1941) dans 3 départements (Cher, Loir-et-Cher, Loiret). 
Lire dans le blog, l'article : Romorantin le 1er mai 1942 : un Feldgendarme est tué, un autre blessé. Arrestations, exécutions et déportations
13 romorantinais sont arrêtés. Six d’entre eux seront déportés à Auschwitz : Moise BodinVictor Budin, Gustave CrochetOctave Hervaux,  Edouard Roguet,  Daniel Pesson.
Les autorités allemandes internent Victor Budin au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), problablement le 9 mai 1942, en vue de sa déportation comme otage.
Depuis le camp de Compiègne, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Victor Budin est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45309".
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a été pas retrouvée parmi les 522 photos que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 

Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
In © Mémorial Gen-Web (son nom est inscrit 
en bas de la pyramide sous le drapeau 
tricolore, à peine visible sur la photo).
Victor Budin meurt à Auschwitz le 18 août 1942 (date inscrite dans les registres du camp et transcrite à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz ; in Death Books from Auschwitz, Tome 2, page 145). Sa fiche d'état civil établie en France à la Libération portait la mention «décédé le 20 octobre 1942 à Auschwitz (Pologne)» Son état civil porte la date du le 17 août 1942 (liste officielle N°3 du Ministère de la Défense). Les dates de décès à Auschwitz
Son nom est inscrit sur le monument commémoratif de Romorantin.

Sources
  • Mairie de Romorantin. Communications de Mme Valin (fiches de dénombrement des Internés et Déportés, service des Statistiques) et de Mme Vally, archiviste (1990).
  • Etat civil de Vierzon.
  • "La Résistance dans le Loir-et-Cher ", Op. édité par l'ANACR en 1964.
  • Liste établie en 1977 par le président de l’ADIRP du Loir et Cher, Georges Larcade, et communiquée à la commission d’histoire de la FNDIRP.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Bureau de la division pu pôle des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC), Ministère de la Défense, Caen (fiche individuelle consultée en février 1992).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau indiquant généralement la date de décès au camp (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen).
  • © Site www.mortsdanslescamps.com
Biographie rédigée en février 2011, complétée en 2017, par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

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