L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


ARNOULD PIERRE RAOUL




45178
Pierre Arnould est né le 6 septembre 1921 à Paris (XIV°), il est le fils d’Andrée Dupuy et de Raoul Arnould, son époux. Il habite au 13, rue Pierre Gillon à Troyes (Aube).
Il est célibataire. Etudiant.
On ignore pour l’instant les antécédents politiques qui ont conduit à son arrestation à l’Occupation, mais on sait qu'il est arrêté le 31 janvier 1941. Il est condamné le 8 juillet 1941 pour "appartenance à un mouvement de résistance, association interdite, détention d’armes, passage de ligne de démarcation, constitution de corps franc, rassemblement d’armes". Ecroué à Troyes, il est ensuite intervé au camp de Clairvaux.
Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».
Pierre Arnould est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45178.
Pierre Arnould meurt à Auschwitz le 18 septembre 1942, (date inscrite dans les registres du camp et transcrite à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz ; in Death Books from Auschwitz, Tome 2, page 42). Cette date est celle d’une importante «sélection» des «inaptes au travail» destinés à être éliminés dans les chambres à gaz de Birkenau, « sélection » au cours de laquelle près de 150 « 45000 » ont été assassinés. L’avis de décès des médecins SS transcrit à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz porte même une heure fictive de décès : "à 13 h 45" !
Il a été déclaré "Mort pour la France" (mention ajoutée le 28 avril 1948).

Sources
  • Etat civil (mairie de Troyes, juin 91).
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Archives de Caen du ministère de la Défense). "Liste communiquée par M. Van de Laar, mission néerlandaise de Recherche à Paris le 29.6.1948", établie à partir des déclarations de décès du camp d'Auschwitz. Listes V (N° 31583) et S (N°10).
  • "La déportation de répression dans l'Aube" par Rémi Dauphinot et Sébastien Touffu.
  • © Site www.mortsdanslescamps.com
Biographie rédigée en février 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
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