L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


TOURET ANDRE MARCEL



André Touret est né le 15 décembre 1907 à Clichy. Il habite au 26 rue du Chemin de fer à Esbly (Seine-et-Marne) au moment de son arrestation.

Il est employé du Gaz de France. Il est marié, père de deux enfants (Michelle née en 1932 et Jean-Pierre né en 1940). Cependant sur la liste d’otage de 1941, il est indiqué geschieden (divorcé), 1 (enfant).

A l’Occupation, il est connu des services de Police. Le nom d’André Touret figure sur la liste d’otages préparée le 25 août 1941 (In document XLIV- 59-60, Saint Germain 24 décembre 1941) avec la mention « fonctionnaire communiste » (le terme désignant plutôt un membre influent, un cadre communiste).

André Touret est arrêté à Esbly le 20 octobre 1941, avec 5 autres militants, dont Modeste Douchet, André Bichot, et Marcel Vincent qui seront comme lui déportés à Auschwitz. René Ancelin sera libéré en janvier 1942. De nombreux élus ou militants communistes du département sont arrêtés les 19 et 20 octobre. Parmi eux, 42 seront déportés à Auschwitz. Lire dans le blog la rafle des communistes en Seine-et-Marne, octobre 1941.

Dans l’enquête des services de la préfecture faite en 1942 à la suite de la demande de libération effectuée par l’épouse d’André Bichot, des éléments du rapport le concernent « le prénommé (Bichot) était connu pour avoir des idées très avancées et avoir adhéré au parti communiste (…) il était noté comme tel sur la liste conservée à la Brigade de Gendarmerie d’Esbly, communiquée d’ailleurs à monsieur le commissaire de police spéciale à Melun avant les propositions d’internement. Il en a été de même pour les trois autres militants (dont André Touret) sur le compte desquels sont établis les présents rapports ».

André Touret et ses camarades d’Esbly sont transférés par car au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le 20 octobre 1941. A Compiègne il reçoit le matricule 1790 et est affecté à la baraque A3.

Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog « une déportation d’otages ».

André Bichot est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu. Le numéro « 46252 ? » figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules, qui n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules.

André Touret meurt à Auschwitz le 20 octobre 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz; in Death Books from Auschwitz, Tome 3, page 1253).

Sa fiche d'état civil établie en France à la Libération porte toujours la mention « décédé le 1er août 1942, à Auschwitz (Allemagne)». Il est regrettable que le ministère n'ait pas corrigé cette date, à l'occasion de l'inscription de la mention "mort en déportation" sur son acte de décès (Journal officiel du 3 janvier 2001), ceci étant rendu possible depuis la parution de l'ouvrage publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz

Sources

  • Bureau des archives des Victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (fiche individuelle consulté en 1992).
  • "La Résistance en Seine et Marne", Claude Cherrier et René Roy, (Presses du Village).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).

Biographie rédigée en janvier 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.

Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. Si, membre de la famille du déporté, vous ne souhaitez pas que cette biographie soit publiée sur Internet, je vous prie de me le faire immédiatement savoir : elle sera aussitôt retirée du blog.

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