L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


STEVANCE EMILE GEORGES



46121

Emile Stevance est né le 26 février 1905 à Wassigny (Aisne). Il habite Leudon-en-Brie (Seine et Marne) au moment de son arrestation.

Il est cantonnier (Strassenarbeiter sur sa fiche d’otage), père de cinq enfants.

A l’occupation, il est arrêté, mais sa fiche individuelle au Ministère de la Défense ne précise pas la date de cette arrestation : Toutefois, le nom d’Emile Stévance figurait avec le N° 74, sur figure sur une liste de communistes susceptibles d’être choisis comme otages, liste préparée par la préfecture de Melun le 25 août 1941 (In document XLIV- 59-60,Saint Germain 24 décembre 1941). La quasi-totalité d’entre eux, élus ou militants communistes du département furent arrêtés les 19 et 20 octobre, et parmi eux, 44 dont Emile Stevance seront déportés à Auschwitz. Lire dans le blog la rafle des communistes en Seine-et-Marne, octobre 1941.

Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122).

Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog « une déportation d’otages ».

Emile Stevance est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 46121.

Emile Stevance meurt à Auschwitz le 17 août 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page page 1181).

Sa fiche d'état civil établie en France à la Libération portait la mention «décédé le 6 juillet 1942 à Compiègne (Oise) ". Elle a été corrigée le 27 septembre 2003 "en décédé le 11 juillet 1942 à Auschwitz (Pologne) et non le 6 juillet 1942 à Compiègne (Oise) ». Il est regrettable que le ministère n'ait pas corrigé cette date à l'aide du Death Books from Auschwitz, à l'occasion de cette inscription de la mention "mort en déportation" sur son acte de décès (Journal officiel du 27 septembre 2003). Ceci était pourtant rendu possible depuis la parution de l'ouvrage publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.

Son nom figure sur le monument aux morts de Leudon-en-Brie.

Sources

  • "La Résistance en Seine et Marne", Claude Cherrier et René Roy, (Presses du Village).
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (fiche individuelle consultée en 1992).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau indiquant généralement la date de décès au camp.
  • © Site Site Internet mémorial « GenWeb ».

Biographie rédigée en janvier 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.

Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. Si, membre de la famille du déporté, vous ne souhaitez pas que cette biographie soit publiée sur Internet, je vous prie de me le faire immédiatement savoir : elle sera aussitôt retirée du blog.

Aucun commentaire: