L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


REY GABRIEL HENRI


Gabriel Rey le 8 juillet 1942 à Auschwitz


46052 (1)

Gabriel Rey est né le 22 mars 1891 au domicile de ses parents 66 rue Myrha à Paris XVIIIème. Il habite à Villeparisis (Seine-et-Marne), au moment de son arrestation.
Il est le fils d'Aline, Marie Dupon, 43 ans et de Jean Rey, 53 ans, compositeur typographe, son époux.
Gabriel Rey épouse Yvonne, Emilie, Céline Beaumain le 10 février 1917 à Thiais.

Gabriel Rey est arrêté le 20 octobre 1941 à son domicile par la police française et la Felgendarmerie en même temps qu’Albert Bonvalet et Antoine Carrier de Villeparisis, qui seront eux aussi déportés à Auschwitz. 
Les 19 et 20 octobre 1941, de nombreux élus ou militants communistes du département sont arrêtés. Parmi eux, 44 seront déportés à Auschwitz. Lire dans le blog la rafle des communistes en Seine-et-Marne, octobre 1941.
A la demande des autorités allemandes, Gabriel Rey et ses camarades de Seine-et-Marne sont transférés par car au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le 20 octobre 1941. A Compiègne, il reçoit le numéro matricule 1808.

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Gabriel Rey est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 46052.
Gabriel Rey meurt à Auschwitz le 6 octobre 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz ; in Death Books from Auschwitz, Tome 3, page 1004).
Il a été déclaré "Mort pour la France". Le titre de « Déporté politique » lui a été attribué en 1954. Son nom figure sur la plaque commémorative inaugurée en 2003 par José Hennequin, maire communiste de Villeparisis, devant le Musée d’Histoire Locale pour honorer trois résistants de Villeparisis. Cette plaque remplace celle installée initialement place Henri Barbusse sur un arbre ramené du camp de Mauthausen par le fils de Julien Delespinay (son nom figure sur la plaque avec celui de Gabriel Rey et René Spartaco). L’arbre a été endommagé par la tempête du 26 décembre 1999.

  • Note 1 : Le fils d’Antoine Carrier qui avait 9 ans au moment de l'arrestation de son père (il a aujourd'hui 79 ans), après qu’il ait vu la photo d'immatriculation à Auschwitz de Gabriel Rey et la demande d'authentification sur le présent blog, "pense qu'il s'agit bien de lui sans pour autant l'affirmer, et Monsieur Rey avait certainement déjà beaucoup changé au moment où cette photo a été prise. Cependant, c'était un copain de son père et dans ses souvenirs de gamin ce visage lui était familier. Il connaissait très bien Madame Rey, puisque les Rey étaient des voisins de mes grands parents, et madame Rey gardait mon père chez elle lorsque ma grand-mère se rendait au camp de Royallieu à Compiègne pour voir mon grand-père" (mel de Mme Josette Besson, née Carrier, en date du 15 juillet 2011). Dans la mesure où le numéro matricule correspondant au visage qui a paru familier à M. Carrier "cadre" avec la tentative de reconstitution des listes que j'avais opérée en 1997, il m'a semblé raisonnable de le considérer comme valide.
Sources
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • "La Résistance en Seine et Marne", Claude Cherrier et René Roy, (Presses du Village).
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (fiche individuelle consultée en juin 1992). Cite dossier Brinon.
  • © Photo site Musée d’histoire de Villeparisis.
Biographie rédigée en janvier 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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