L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


NEVEUX ERNEST AUGUSTE




45921

Ernest Neveux est né le 9 mai 1906 à Mareuil-lès-Meaux (Seine et Marne) où il habite au 33 rue Pasteur au moment de son arrestation. Il est marié avec Germaine. Le couple a un enfant qui a 12 mois au moment de son arrestation..
Ernest Neveux est ajusteur. En 1941 il travaille au Gaz de France à Meaux, au service entretien, « simplement pour un meilleur salaire » écrit Germaine Neveux. Adhérent du Parti communiste à la cellule de Meaux, qui tient des réunions à Mareuil-lès-Meaux, c’est un militant CGT. Sportif, il est capitaine de l’équipe de football de Quincy-Voisins.
Il est arrêté le 19 octobre à son domicile de Mareuil par la Felgendarmerie. Les Allemands fouillent tout son appartement. Le même jour trois autres militants de Mareuil-lès-Meaux sont arrêtés : Renard, Ancelin et Andrieux. Les 19 et 20 octobre, de nombreux élus ou militants communistes du département sont arrêtés. Parmi eux, 44 seront déportés à Auschwitz. Lire dans le blog la rafle des communistes en Seine-et-Marne, octobre 1941.
Ernest Neveux et ses camarades de Seine-et-Marne sont transférés par car au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le 19 octobre 1941
Ernest Neveux est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45921.
Ernest Neveux meurt à Auschwitz le 15 octobre 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz ; in Death Books from Auschwitz, Tome 3, page 860).
Sa fiche d'état civil établie en France à la Libération porte toujours la mention « décédé le 1er septembre 1942, à Auschwitz». Il est regrettable que le ministère n'ait pas corrigé cette date, à l'occasion de l'inscription de la mention "mort en déportation" sur son acte de décès (Journal officiel du 4 avril 1995), ceci étant rendu possible depuis la parution de l'ouvrage publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.

Ernest Neveux a été déclaré "Mort pour la France". Le titre de « déporté politique » lui a été attribué. Une plaque portant son nom figure au Gaz de France à Meaux. Une plaque a été apposée sur son domicile au 33 rue Pasteur à Mareuil-lès-Meaux « mais depuis elle a disparu » écrit Madame Neveux en 1992, qui tient à signaler (13 août 1992) « mon mari était un enfant de Mareuil : cette commune m’a toujours été moralement solidaire »

Sources
  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, en 1987, rempli par Germaine Neveux son épouse, âgée de 83 ans le 24 août 1992.
  • "La Résistance en Seine et Marne", Claude Cherrier et René Roy, (Presses du Village).
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (fiche individuelle consultée en 1992).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau indiquant généralement la date de décès au camp.
Biographie rédigée en janvier 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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