L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


MARTIN GUSTAVE, ERNEST



Matricule 45849 à Auschwitz


Gustave Martin est né le 3 octobre 1889 à Mareuil-sur-Ourcq (Oise). Il habite au 16 rue des vieux moulins à Lagny (Seine et Marne) au moment de son arrestation.
Il est le fils d’Alexandrine, Esther Bridelle, 27 ans, couturière et d’Edouard, Ernest Martin, 26 ans, manouvrier son époux. Ses parents habitent au hameau de Frelaine.
Gustave Martin est manouvrier et habite à Mareuil-sur-Ourcq (Oise) au moment du Conseil de révision. 
Son registre matricule militaire nous apprend qu’il mesure 1m 62, a les cheveux noirs châtains, les yeux bleus verdâtres, le nez rectiligne, le visage ovale plein. Il possède un niveau d’instruction n° 2 (possède une instruction primaire).
Conscrit de la classe 1909, Gustave Martin est classé dans la 5ème partie de la liste en 1910 et dans la 1ere partie en 1911. Il est finalement incorporé le 10 octobre 1911 en vertu de ce dernier classement et est intégré au 155ème Régiment d’Infanterie le jour même. Il est envoyé en disponibilité le 25 septembre 1913 (certificat de bonne conduite accordé).
Il est « rappelé à l’activité » par le décret de mobilisation générale du 1er août 1914. Il arrive au 103ème Régiment d’Infanterie le lendemain.
Le 27 mars 1917, il est évacué malade sur l’hôpital n° 8 du Havre, jusqu’au 24 avril 1917. Il a une permission de 7 jours et rejoint son régiment le 7 mai 1917.
Il passe au 500ème Régiment d’Artillerie le 27 août 1918.
Il est mis en congé de démobilisation le 22 juillet 1919 et « se retire » à Mareuil.
Gustave Martin est décoré de la médaille de la Victoire et de la médaille commémorative.
Embauché comme manœuvre sur voies aux Chemins de Fer de l’Est, il est à ce titre « affecté spécial » aux chemins de fer de campagne au titre de la réserve militaire en mars 1925.
En juillet 1925 il habite au 4 rue du Vieux moulin à Lagny (Seine-et-Marne).
Il épouse Ismérie, Rosa Marmet le 12 novembre 1927 à Lagny (Seine-et-Marne). Le couple aura deux enfants. 
Il est cheminot. Militant communiste.
A l’Occupation, Gustave Martin est un « résistant du début » selon René Roy. « Depuis l’été 40, il a reconstitué à Lagny l’organisation clandestine (impression et distribution de tracts contre Vichy et la politique de collaboration), mais aussi recrutement pour « l’O.S », l’organisation armée constituée à partir de la fin de 1940 ». « Déjà à l’automne 40, il y avait eu une première série d’arrestations, Pourtant la trentaine de « militants » que contrôlait Gustave Martin avait triplé un plus tard ». ("La Résistance en Seine et Marne", Claude Cherrier et René Roy, p.199).
Gustave Martin est connu des services de police, puisque son nom figure sur une liste de communistes susceptibles d’être choisis comme otages. Cette liste datée du 25 août 1941 émane de préfecture de Melun (In document XLIV- 59-60, Saint Germain 24 décembre 1941). Il y est qualifié de « fonctionnaire communiste », ce qui signifie peut-être « cadre communiste rémunéré par le Parti».
Il est arrêté le 19 octobre 1941 à son domicile par des policiers allemands et français, en même temps que 41 autres militants de Lagny et Chelles. De nombreux élus ou militants communistes du département sont arrêtés les 19 et 20 octobre. Parmi eux, 42 seront déportés à Auschwitz. Lire dans le blog la rafle des communistes en Seine-et-Marne, octobre 1941.
Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le jour même de son arrestation d’après sa fiche au BAVCC (comme l’ont été ses camarades arrêtés les 19 et 20 octobre).
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Gustave Martin est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Gustave Martin est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro matricule "45849". 
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n'a pas été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Gustave Martin meurt à Auschwitz le 18 septembre 1942 (date inscrite dans les registres du camp et transcrite à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz ; in Death Books from Auschwitz, Tome 3, page 784), dans les jours qui suivent une importante « sélection » des « inaptes au travail » destinés à être éliminés dans les chambres à gaz de Birkenau.
Plaque apposée sur son ancien domicile
Une plaque commémorative est apposée sur son domicile (ci-contre), son nom figure sur le monument aux Morts.

Sources
  • Bureau des archives des Victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel consulté en 1992).
  • Site Internet mémorial « GenWeb ».
  • Photos : "La Résistance en Seine et Marne", Claude Cherrier et René Roy, (Presses du Village).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (fiche individuelle).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Archives de Caen du ministère de la Défense). "Liste communiquée par M. Van de Laar, mission néerlandaise de Recherche à Paris le 29.6.1948", établie à partir des déclarations de décès du camp d'Auschwitz.
  • Etat civil et Registres matricules militaires de l’Oise en ligne.
  • Plaques Lagny.
Biographie rédigée en janvier 2011 et complétée en octobre 2015 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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