L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


MAILLARD EMILE CHARLES



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Emile Maillard est né le 25 janvier 1905 à Venizel (Aisne), fils de Marie Jourden, sans profession et de Julien Maillard, tonnelier. Il habite au 41 Cité du Bois des Sapins à Soissons (Aisne) au moment de son arrestation.
Il se marie à Soissons, le 26 septembre 1931 avec Andréa Tugant, dactylo à la Coop Agricole. Le couple a une fille, Yolande née le 19 juin 1932. Ils divorceront le 21 février 1939. Emile Maillard est ouvrier à la minoterie Debruyère de Soissons.
Il est arrêté à Soissons le 29 septembre 1941 par la Feldgendarmerie, dans la rafle des 29 et 30 septembre qui concerne 18 communistes ou présumés tels, rafle opérée en représailles de l’agression d’un soldat allemand à Courmelles le 29 septembre 1941 (parmi ces militants il y a Léon Busarello, Jean-Marie Guier, et Charles Del Nero qui seront comme lui déportés à Auschwitz, ainsi que Roger Raymond). Dans une lettre datée du 30 septembre 1941, relative à l'arrestation de 18 otages communistes, qu’elle adresse à la Feldkommandantur 602 de Laon, la Feldkommandantur 527 de Soissons indique que les otages Jean Guier, Charles Del-Nero, Léon Busarello, Emile Maillard (et 14 autres militants) ont été incarcérés à la caserne Charpentier de Soissons. 
De la prison de Soissons, il est transféré lendemain au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). A Compiègne, il reçoit le matricule 1604.

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Emile Maillard est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45318.
Emile Maillard entre à l’infirmerie d'Auschwitz le 17 août. Il est mort à Auschwitz le 20 août 1942 (date inscrite dans les registres du camp et transcrite à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz ; in Death Books from Auschwitz, tome 3, p 760). Son état civil porte toujours la mention « décédé le 6 juillet 1942 » qui est la date du départ de Compiègne. Il est regrettable que le ministère n'ait pas corrigé cette date, à l'occasion de l'inscription de la mention "mort en déportation" sur son acte de décès (Journal officiel du 6 juillet 1994). Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Soissons.

Sources
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (fiche individuelle consultée en 1991).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Mairie de Soissons, Madame Brunel (avril 1990).
  • Avis de décès (avril 1992).
  • © Site Site Internet Mémorial-GenWeb
  • © Site www.mortsdanslescamps.com
  • © Lettre de la Feldkommandantur 527 à la FK 602, Mémorial de la Shoah, catalogue.
  • Photo d'un  wagon utilisé pour les transports de déportés /  ©  FMD
Biographie rédigée en janvier 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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