L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


LEPINE CHARLES EUGENE



Matricule "46248" à Auschwitz


Charles Lépine est né le 30 janvier 1922 à Sannois (Seine-et-Oise/Val-d’Oise). 
Il habite à Tergnier-Fargniers (Aisne) au moment de son arrestation. 
Il est célibataire. 
Cheminot, il est ajusteur auxiliaire à la SNCF à Tergnier
Pendant l’Occupation, il est membre d’un groupe de jeunes créé par Roger Debarre, composé de jeunes communistes et de sympathisants. La nuit qui précède le 1er mai 1942, ce groupe opère différentes actions de propagande à Quessy-centre : inscriptions sur la route pour la Résistance, oriflammes accrochés dans les fils électriques, distribution de tracts. 
Charles Lépine est arrêté en flagrant-délit. Il est frappé par les gendarmes français de 23 heures à 6 heures du matin. 
Ses camarades Roger Debarre, Fernand Bouyssou et Jean Toussaint sont arrêtés le 1er mai 1942. 
Transféré à Laon, Charles Lépine est condamné par le tribunal spécial le 5 ou 6 mai, à 1 an de prison. Il est incarcéré à la prison d'Amiens le 21 mai 1942, puis il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le 22 mai 1942, en vue de sa déportation comme otage. A Compiègne, il reçoit le numéro matricule 5817, bâtiment C5, chambre 8.
Depuis le camp de Compiègne, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Charles Lépine est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 46248 (Liste par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau).
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a été pas retrouvée parmi les 522 photos que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 

Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Dessin de Franz Reisz, 1946
Charles Lépine meurt à Auschwitz à une date inconnue. A la libération le jugement déclaratif de décès porte la mention "disparu le 15 mai 1945". La mention désormais portée sur son état civil est tout aussi erronée : «décédé en juin 1942 à Auschwitz (Pologne). Charles Lepine est déporté de Compiègne à Auschwitz le 6 juillet 1942 ! L’arrêté ministériel du 9 août 1994 portant apposition de la mention «Mort en déportation» sur les actes de décès et paru au Journal Officiel du 29 septembre 1994 ne l'a pas corrigée.
Charles Lépine a été déclaré «Mort pour la France». 
Le titre de «Déporté résistant» lui a été attribué. Le nom de Charles Lépine figure sur la plaque commémorative SNCF et celle des ateliers SNCF.

Sources
  • Témoignage Roger Debarre (cassette audio avril 1972).
  • Fichier national de la Division des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC), ministère de la Défense, Caen.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau indiquant généralement la date de décès au camp.
  • © Site Internet Mémorial-GenWeb
  • © Dessin de Franz Reisz, in « Témoignages sur Auschwitz », ouvrage édité par l’Amicale des déportés d’Auschwitz (1946).
Biographie rédigée en janvier 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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