L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


LENGLET MARCEL HENRI EUGENE



Marcel Lenglet. DR.
Matricule 45780 à Auschwitz

Marcel Lenglet dit « Roberty » est né le 6 août 1907 à Airaines (Somme). Fils d'un chauffeur, il habite au 23 rue Paradis, à Saint-Quentin (Aisne) au moment de son arrestation. Marcel Lenglet est marié, père d’un enfant de trois ans. 
Il est tourneur sur métaux, puis employé à la Coopérative "La Fraternelle".
Il s'installe à Saint-Quentin en 1924. Il se marie en 1926. «Il militait activement au Parti communiste en 1927 et fut, l'année suivante, secrétaire CGTU des Métaux de la ville. En 1932, il dirigeait la cellule communiste de la coopérative « La Fraternelle » et siégeait au bureau du rayon de Saint-Quentin. Lors de la réunion antifasciste de Soissons, le 11 février 1934, Lenglet-Roberty lança un appel à l'union. Il fut élu secrétaire de l'Union départementale au congrès des 15-16 avril 1939 » (Maîtron). Il se remarie en 1940.

Fiche d'otage  de Marcel Lenglet © CDJC
Marcel Lenglet est arrêté par la police allemande, le 17 octobre 1941. Sa fiche d'arrestation retrace son parcours militant (traduction) : "Les raisons pour lesquelles l’arrestation a été faite : il était fonctionnaire communiste, jusqu’à la dissolution du Parti communiste. Orateur et activiste. Il a souvent fait l’objet de procédures judiciaires : par exemple le 22 août 1929 pour avoir entravé la liberté du travail. Le 10 août 1937 il a participé à une manifestation de rue. Le 13 octobre 1936 il a encore empêché la liberté du travail.Il s’occupait, depuis les années 1930 de l’idéologie communiste : c’était un orateur du PCF et il participait à toutes les réunions et conférences du Parti. En 1936 il était secrétaire adjoint du mouvement de la jeunesse communiste du département de l’Aisne. Il est connu, par les autorités françaises comme meneur de grèves et activiste communiste."
Son nom figure sur une liste de communistes susceptibles d’être choisis comme otages, avec la mention « ancien communiste ». Cette liste qui émane de la préfecture de l’Aisne est transmise aux autorités allemandes (KF 602) le 19 mars 1942 (In document XLIV- 2).
D’abord incarcéré à la prison de St Quentin (surnommée « l’hôtel des 4 boules », Marcel Lenglet est interné rapidement au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog « une déportation d’otages».

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Marcel Lenglet est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45780".
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de son décès à Auschwitz. Dans les années d’après-guerre, l’état civil français a fixé celle-ci au 15 septembre 1942 sur la base du témoignage de deux de ses compagnons de déportation.
Le titre de « Déporté politique » a été attribué à Marcel Lenglet. Une rue de Saint-Quentin porte son nom, qui est également inscrit sur le monument aux morts, près de la gare.

Sources
  • Liste d'otages de l'Aisne, XL1V 2 - KF602 : n° 14 de la liste.
  • Traduction de sa fiche d'otage (obtenue auprès du CDJC en 1990).
  • Correspondance avec M. Jacques Clairet, ADIRP St Quentin (1988).
  • Correspondance avec la Mairie de Saint-Quentin (1988)
  • © Site Internet Mémorial-GenWeb
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (fiche individuelle consultée en juin 1992).
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom. Tome 34, Page 255.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau indiquant généralement la date de décès au camp.
  • © Google Street Wiew
  • © Photo de Marcel Lenglet, in « Mémoire Vive » n° 55 de mai 2014 page 15, lettre de l’association des 45000 et des 31000d’Auschwitz-Birkenau.
Biographie rédigée en janvier 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
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