L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


LAHAIE LOUIS DIEUDONNE


Louis Lahaie est né le 20 septembre 1900 à Corbeny (Aisne). 
Il habite Jossigny (Seine-et-Marne) au moment de son arrestation.
Il est le fils de Julie, Lisa Menesson, 23 ans, sans profession et d’Alfred Lahaie, 25 ans, cultivateur. Ses parents habitent à Ancienville (Villers-Côteret) en 1919.
Son Registre matricule militaire indique que lors du conseil de révision il est charretier. Il mesure 1m 68, a les cheveux châtains et les yeux gris. Il a un niveau d’instruction primaire élevé (niveau n° 3).
Le 2ème Zouave
Conscrit de la classe 1920, Louis Lahaie est incorporé le 17 mars 1920 au 18ème bataillon de chasseurs à pied. 
Le 1er octobre 1920 il embarque à Bordeaux pour le Maroc et il est affecté au 2ème Régiment de Zouaves le 12 octobre 1920. Louis Lahaie est nommé caporal le 16 janvier 1921. Le 17 mai 1921, il « passe » au 66ème Régiment de Tirailleurs marocains régiment créé le premier janvier. Le 20 mars 1921, il est rapatrié et débarqué à Marseille.
Il est alors envoyé en occupation des pays rhénans du 1er avril 1921 au 19 février 1922
Le 19 février 1922, Louis Lahaie est « envoyé dans la disponibilité » (1). Il se retire au 18 quai Lavenne à Melun.
En 1922, il demeure à Montaigu (Aisne). En 1924 à Longueville (près de Fontainebleau), en 1925 à Chanteloup-en-Brie (près de Meaux) et à partir de 1926 à Jossigny à 3 km de Chanteloup.
Il est « rappelé à l’activité » le 25 décembre 1939 au 67ème Régiment d’Infanterie. Chargé de protéger la ligne Maginot, le 67ème combat en mai 1940 à Stonne, considéré comme le Verdun de 1940 : le village en lui-même changera de camp dix-sept fois et au Mont Dieu.
Il est démobilisé au Centre de démobilisation de Rivesaltes le 25 août 1940.
Selon André Roy (op. cité), il fait partie depuis l’été 1940 de l’organisation clandestine reconstituée par Gustave Martin en 1940 à Lagny (impression et distribution de tracts contre vichy et la politique de collaboration), mais aussi recrutement pour «l’O.S», l’organisation armée constituée à partir de la fin de 1940 avec Pierre Dumont, Albin Desmazes, René Mabilla et Béziat de Dampmart.
Louis Lahaie est arrêté (comme Gustave Martin, Pierre Dumont, Albin Desmazes et René Mabilla) le 19 octobre 1940 à son domicile. 
De nombreux élus ou militants communistes du département sont arrêtés les 19 et 20 octobre. Parmi eux, 44 seront déportés à Auschwitz. Lire dans le blog la rafle des communistes en Seine-et-Marne, octobre 1941. Louis Lahaie est transféré par car au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le 19 octobre 1941
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Louis Lahaie est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu. Le numéro «45714 ?» figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules, qui n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules.
Louis Lahaie meurt à Auschwitz le 30 septembre 1942 à Auschwitz (fiche d’état civil).
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date exacte de son décès à Auschwitz. Dans les années d’après-guerre, l’état civil français n’ayant pas eu accès aux archives d’Auschwitz emportées par les armées soviétiques a fixé celle-ci au 30 septembre 1942 sur la base du témoignage de deux de ses compagnons de déportation.

Sources
  • © Archives en ligne de l’Aisne. Etat civil et Registre matricule militaire.
  • © Jean-Paul Autant "La Bataille de Stonne - Mai 1940 : Un choc frontal durant la Campagne de France".
  • "La Résistance en Seine et Marne", Claude Cherrier et René Roy, (Presses du Village).
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (fiche individuelle consultée en février 1992).
Biographie rédigée en janvier 2011 et modifié en août 2015 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
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