L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


GUERIN MARIUS



46632

Marius Guérin est né le lundi 24 avril 1905 à l'Hôtel Dieu de Provins (Seine-et-Marne).
Il habite au 36 rue de l'Ormurion à Sourdun (près de Provins) au moment de son arrestation.
Il est le fils Marie Mouzet, 35 ans, manouvrière et d'Ernest Guérin, 39 ans, manouvrier son époux, domiciliés à Sourdun.
Marius Guérin est manœuvre en argile (mais sur sa fiche d’otage il est indiqué «Landarbeiter», ouvrier agricole). Il travaille dans une des carrières d’argile de St Brice (Seine-et-Marne).
Il est marié, père d’un enfant. Membre du Parti communiste, Marius Guérin est secrétaire de cellule. Il est à ce titre connu des services de police, puisque son nom figure sur une liste de communistes susceptibles d’être choisis comme otages, avec la mention «ancien communiste». Cette liste datée du 25 août 1941 émane de la préfecture de Melun (In document XLIV- 59-60, Saint Germain 24 décembre 1941). Après septembre 1939, il est membre du Parti communiste clandestin selon son frère, Pierre Guérin (Interné-Résistant du 12 février 1944 au 27 août 1944).
Marius Guérin est arrêté le 19 octobre 1941 à son domicile par la police française et la Felgendarmerie. Les 19 et 20 octobre 1941, de nombreux élus ou militants communistes du département sont arrêtés. Parmi eux, 44 seront déportés à Auschwitz. Lire dans le blog la rafle des communistes en Seine-et-Marne, octobre 1941.
A la demande des autorités allemandes, Marius Guérin et ses camarades de Seine-et-Marne sont transférés par car au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le 19 octobre 1941. A Compiègne, comme la grande majorité des internés, il refuse de signer une demande de libération assortie d’une approbation de la politique de Pétain, qui leur est proposée lors du passage devant une commission en juin 1942 (1).

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Marius Guérin est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 46632.
Marius Guérin meurt à Auschwitz le 26 août 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 409).
Sa fiche d'état civil établie en France à la Libération porte toujours la mention «décédé le 15 octobre 1942 à Auschwitz (Pologne)». Il serait souhaitable que le ministère corrige ces dates fictives qui furent apposées dans les années d'après guerre sur les état civils, afin de donner accès aux titres et pensions aux familles des déportés. Cette démarche est rendue possible depuis la parution de l'ouvrage "Death Books from Auschwitz" publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune. Une plaque a été apposée sur son ancien domicile "Ici a été arrêté le 19 Octobre 1941, Guerrin Marius, Déporté, Mort pour la France à Auschwitz". Elle ne semble plus y figurer.
  • Note (1) «Pour nous, explique Lucien Ducastel, refuser de signer est un acte de fidélité au combat engagé par les résistants, un acte de renoncement à toute compromission avec Pétain.» Ces démarches, quels qu'en soient les motifs, n'aboutissent d'ailleurs pas toujours. Pierre Monjault se souvient, lui aussi, de son passage à Compiègne devant une commission en juin 1942: « Certains camarades ont signé et sont partis. Je ne les jugerai pas personnellement. Ce qui est demandé me révoltait, je n'ai pas signé. Je voulais rester français avant tout ». (« Triangles rouges à Auschwitz» p.101)
Sources
  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, en 1987, rempli par son frère Pierre (septembre 1991).
  • "La Résistance en Seine et Marne", Claude Cherrier et René Roy, (Presses du Village).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau indiquant généralement la date de décès au camp.
  • © Site Site Internet Mémorial-GenWeb, relevé Jean-François Languillat.
  • © Site www.mortsdanslescamps.com
Biographie rédigée en janvier 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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