Ce blog, hommage aux déportés du convoi du 6 juillet 1942, est à la croisée de l’Histoire et de la Mémoire. Il est basé sur des recherches universitaires prolongeant celles de Roger Arnould, ancien déporté et documentaliste de la FNDIRP.



FRETEL ROBERT



Matricule 45559 à Auschwitz
 
Robert Fretel est né le 9 novembre 1903 à Dijon (Côte d’Or) sous le nom de Robert Morisot. Sa mère, Antoinette Elizabeth Morizot, ouvrière de 17 ans le reconnaît le 23 novembre 1903. Elle se marie le 16 septembre 1907 à Dijon avec Henri Paul Fretel  qui légitime sa naissance. 
Robert Fretel habite à Chevry-Cossigny (Seine-et-Marne) au moment de son arrestation. Il est père d’une fille (Rolande).
Robert Fretel est arrêté par la police française et la Feldgendarmerie le 8 octobre 1941 à Chevry-Cossigny pour activités communistes. De nombreux élus ou militants communistes du département sont arrêtés dans la première semaine d’octobre et les 19 et 20 octobre. Parmi eux, 42 seront déportés à Auschwitz. Lire dans le blog la rafle des communistes en Seine-et-Marne, octobre 1941.
A la demande des autorités allemandes Robert Fretel est transféré au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le 20 octobre 1941. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog « une déportation d’otages ».
Robert Fretel est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45559.
Robert Fretel meurt à Auschwitz le 19 septembre 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz, in Death Books from Auschwitz, Tome 2, page 311), dans les jours qui suivent une importante « sélection » des « inaptes au travail » destinés à être éliminés dans les chambres à gaz de Birkenau. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Il a été déclaré "Mort pour la France". Le titre de « Déporté politique » lui a été attribué. Une rue porte son nom à Chevry-Cossigny
Sources
  • Bureau des archives des Victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (fiche individuelle consultée en juillet 1992).
  • "La Résistance en Seine et Marne", Claude Cherrier et René Roy, (Presses du Village).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de décès du camp d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Liste (incomplète) par matricules du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
Biographie rédigée en janvier 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

nous avons comme amie une de ses filles - son arrière-petit-fils et nous connaissons son frère. Quelle souffrance.