L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


FOURMENTIN CHARLES ANDRE RENE




45556

Charles Fourmentin est né le 9 février 1898 à Salins (Seine-et-Marne) au hameau Fresnoy. Il est le fils de Louise Marie Gousse, 31 ans, lingère et de  Lucien, Henri Fourmentin, jardinier, 36 ans, son époux.
Il habite à Montereau (Seine-et-Marne) au moment de son arrestation.
En 1914, il a 16 ans et travaille pour aider sa famille. Il s'engage dès ses 18 ans atteints, devient caporal, puis sous officier. Il est décoré de la croix de guerre. 
Il se marie le 22 juillet 1923 à Forges avec Adrienne Bonnefoy. Le couple a trois enfants. 
Charles Fourmentin est ouvrier. Militant communiste et syndicaliste, il devient secrétaire de l'Union des syndicats CGT. Mutilé du travail "il conseille avec ardeur et conscience ses camarades de travail" (R. Trillet).
Mobilisé en septembre 1939, il est affecté dans le secteur de Verdun. En février 1940, Charles Fourmentin est démobilisé.
Il est arrêté le 1er avril 1940 à Montereau par la police française pour «activités communiste». Il est interné au camps de Baillet (Seine-et-Oise), puis le 30 avril 1940 au Fort de la Pierre Levée à l’Ile d’Yeu avec 281 internés politiques venus de Baillet. L’île d’Yeu est occupée par les soldats allemands le 4 juillet 1940. Charles Fourmentin et 264 de ses camarades sont conduits le 17 août 1940 sous haute surveillance au camp d’internement de Riom-ès-Montagnes (Cantal) en zône non occupée. Puis à Saint Paul d’Yeu. Il est libéré le 6 juin 1941.
Charles Fourmentin est de nouveau arrêté le 19 octobre 1941 à son domicile de Montereau, le même jour que le cheminot Joseph Verger. De nombreux élus ou militants communistes du département sont arrêtés les 19 et 20 octobre. Parmi eux, 44 seront déportés à Auschwitz. Lire dans le blog la rafle des communistes en Seine-et-Marne, octobre 1941.
Charles Fourmentin et Joseph Verger sont transférés au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le 19 octobre 1941. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog « une déportation d’otages ».


Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Charles Fourmentin est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.


Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45556


Registre des morts d’Auschwitz
liste du 17 août 1942
Charles Fourmentin meurt à Birkenau le 16 août 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz ; in Death Books from Auschwitz, Tome 2, page 301. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Son nom est inscrit sur la plaque commémorative "aux patriotes Monterelais, arrêtés, déportés et morts dans les camps hitlériens" à Montereau-Fault-Yonne, honorant la mémoire de 12 déportés, dont 3 « 45000 » (Charles Fourmentin, Joseph Verger, René Trillaut).

Sources
  • Bureau des archives des Victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (fiche individuelle consulté en 1992).
  • Site internet de «l’Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé».
  • Article du journal «la Délivrance» (27 octobre 1945) de R. Trillet, président d'honneur de l' ADIRP.
  • "La Résistance en Seine et Marne", Claude Cherrier et René Roy, (Presses du Village).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Site Internet mémorial « GenWeb ». Photo plaque © Stéphane Protois.
Biographie rédigée en janvier 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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