L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


DOMENC RENE JEAN


Fiche d'otage

René Domenc est né le 8 octobre 1905 à Maisoncelles-en-Gâtinais (Seine-et-Marne). Il habite au 92 rue de France à Fontainebleau (Seine-et-Marne) au moment de son arrestation.

Il est mécanicien (contremaître) au garage Levy rue de France. Il est marié.

René Domenc est membre du Parti communiste depuis avril ou mai 1936, trésorier de la cellule de Fontainebleau en 1938/1939. Il est connu des services de Police : son domicile est perquisitionné (sans résultat) en septembre 1939.

A l’Occupation, le nom de René Domenc figure sur la liste d’otages préparée le 25 août 1941 (In document XLIV- 59-60, Saint Germain 24 décembre 1941).

René Domenc est arrêté à son domicile le 19 octobre 1941 à Fontainebleau le même jour que Prudent Prel, le secrétaire de la cellule) qui sera comme lui déporté à Auschwitz. De nombreux élus ou militants communistes du département sont arrêtés les 19 et 20 octobre. Parmi eux, 44 seront déportés à Auschwitz.

Traduction de la déclaration dactylographiée dans la fiche d’otage de René Domenc, «Kommunistischer Funktionär» : « En mai ou avril 1936, je suis entré au Parti Communiste et en suis resté membre jusqu’à son interdiction en septembre 1939. Après la guerre, je ne me suis plus occupé de politique. Lorsque j’étais membre du PC dans les années 1938-1939, j’étais trésorier de la cellule de Fontainebleau. En septembre 1939la police française a effectué une perquisition chez moi et n’a rien trouvé. Je ne suis pas encore inculpé, et je ne sais pas pourquoi j’ai été arrêté aujourd’hui. Je crois que c’est pour la simple raison que j’ai été autrefois membre du Parti communiste ».

Lire dans le blog la rafle des communistes en Seine-et-Marne, octobre 1941.

René Domenc et Prudent Prel sont transférés par car au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le 19 octobre 1941.

Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».

René Domenc est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu. Le numéro « 45478 ? » figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules, qui n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules.

René Domenc meurt à Auschwitz le 18 septembre 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz, in Death Books from Auschwitz, Tome 2, page 232), dans les jours qui suivent une importante "sélection" des "inaptes au travail" destinés à être éliminés dans les chambres à gaz de Birkenau.

Sa fiche d'état civil établie en France à la Libération porte toujours la mention « décédé le 25 août 1942 à Auschwitz (Pologne)». Il est regrettable que le ministère n'ait pas corrigé cette date, à l'occasion de l'inscription de la mention "mort en déportation" sur son acte de décès (Journal officiel du 31 juillet 1988), ceci étant rendu possible depuis la parution de l'ouvrage publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.

Son nom figure sur le monument aux morts de Fontainebleau.

Sources

  • Bureau des archives des Victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (fiche individuelle consulté en 1992).
  • -Site Internet mémorial « GenWeb ».
  • "La Résistance en Seine et Marne", Claude Cherrier et René Roy, (Presses du Village).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).

Biographie rédigée en janvier 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.

Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. Si, membre de la famille du déporté, vous ne souhaitez pas que cette biographie soit publiée sur Internet, je vous prie de me le faire immédiatement savoir : elle sera aussitôt retirée du blog.

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