L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


COUDRAY HENRI RENE



45403

Henri Coudray est né le 24 novembre 1913 à Fontainebleau (Seine-et-Marne). Au moment de son arrestation il habite à Ecuelles (Seine-et-Marne), dans la rue qui porte aujourd’hui son nom.

Henri Coudray est marié avec Emilienne. Le couple a trois enfants. Henri Coudray travaille comme électricien à la centrale de Moret-sur-Loing (Seine-et-Marne). Il est adhérent à la CGT. Sportif, il pratique dans un club affilié à la FSGT. Il a été membre des jeunesses communistes, puis du Parti communiste

A l’Occupation, Henri Coudray diffuse des tracts anti-nazis selon son épouse. Il est arrêté à son domicile par la police française et la Feldgendarmerie le 19 octobre 1941 à Ecuelles, en même temps que Théo Bonhomme qui travaille comme lui Moret sur Loing. Il est connu des services de police, puisque le nom d’Henri Coudray figure sur une liste de communistes susceptibles d’être choisis comme otages, avec la mention « Eh K », ancien communiste. Cette liste datée du 25 août 1941 émane de préfecture de Melun (In document XLIV- 59-60, Saint Germain 24 décembre 1941).

De nombreux élus ou militants communistes du département sont arrêtés comme la première semaine d’octobre et les 19 et 20 octobre. Parmi eux, 42 seront déportés à Auschwitz. Lire dans le blog la rafle des communistes en Seine-et-Marne, octobre 1941.

A la demande des autorités allemandes Henri Coudray et Théo Bonhomme sont transférés au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le 20 octobre 1941. A Compiègne il reçoit le numéro matricule 1702. Son nom figure sur la liste de recensement (décembre 1941) des communistes du camp de Compiègne nés entre 1912 et 1922 « aptes à être déportés à l’Est », en application de l’avis du 14 décembre 1941 du commandant militaire en France, Otto von Stülpnagel (archives du CDJC IV 198).

Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog « une déportation d’otages ».

Henri Coudray est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45403.

Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de son décès à Auschwitz. Dans les années d’après-guerre, l’état civil français n’ayant pas eu accès aux archives d’Auschwitz emportées par les armées soviétiques, a fixé celle-ci au 15 septembre 1942 sur la base du témoignage de deux de ses compagnons de déportation.

Il a été déclaré "Mort pour la France". Une rue porte son nom à Ecuelles (rue Henri Coudray).

Sources

  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, en 1987, rempli par son épouse Emilienne Coudray le 15 avril 1991. André Montagne a rencontré Maximilien Bonhomme et son épouse (fille d’un autre déporté, André Ménager, 45867), ainsi que madame Coudray, veuve d’Henri Coudray 45403) à l’AG de l’ADIRP à Ecuelles le 16 mars 1991.
  • Site Internet mémorial « GenWeb ».
  • "La Résistance en Seine et Marne", Claude Cherrier et René Roy, (Presses du Village).
  • Bureau des archives des Victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (fiche individuelle consulté en juillet 1992).
  • "La Résistance en Seine et Marne", Claude Cherrier et René Roy, (Presses du Village).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.

Biographie rédigée en janvier 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.

Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. Si, membre de la famille du déporté, vous ne souhaitez pas que cette biographie soit publiée sur Internet, je vous prie de me le faire immédiatement savoir : elle sera aussitôt retirée du blog.

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