L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


COLOMBIER PIERRE, JOSEPH, ELIE



Le 8 juillet 1942
Matricule "45388" à Auschwitz

Pierre Colombier est né le 13 mai 1891 à Molain (Aisne), il habite au 8 route de la Vilette à Mitry-Mory (Seine-et-Marne) au moment de son arrestation. 
Il est le fils de Marie, Amélie Legrand, tisseuse et de Pierre, Joseph, 47 ans, couvreur en chaume.
Pierre Colombier  épouse à Molain, le 31 octobre 1910, Aimée, Elizabeth, Eugénie Leblond domiciliée à Molain.
Son Registre matricule militaire indique que lors du conseil de révision il a été ouvrier agricole, puis électricien. Il mesure 1m 68, a les cheveux châtains et les yeux gris. Il a un niveau d’instruction primaire élevé (niveau n° 3).
Conscrit de la classe 1911, Pierre Colombier est incorporé le 19 octobre 1912 au 87ème Régiment d’infanterie à Saint-Quentin. Le régiment part en campagne en Belgique le 5 août 1914. 
22 août 1944, il est blessé aux combats de Virton
Pierre Colombier est blessé le 22 août 1914 près de Virton et évacué. Passé le 1er juillet 1916 à la 10ème compagnie de ce régiment. Il est blessé au visage et dans la région lombaire lors de l’assaut de la tranchée du Vampire. Il est évacué le 7 mai 1917 (il aura une pension d’invalidité de 30%). Le 18 mai 1917 il est réaffecté à la 10ème compagnie et participe dès le mois de juin aux combats engagés à la cote 304 à Verdun. Il rentre au dépôt de Quimper le 15 novembre 1917. Le 12 mars 1918 il passe à la 9ème compagnie.
Le 21 juillet 1919, Pierre Colombier est démobilisé et se retire au 1 rue Corbeau à Paris Xème.
Il a été cité deux fois à l’ordre du régiment et reçoit la Croix de guerre et la Médaille militaire (décret 1930). A partir de 1930, il est domicilié au 8 route de la Vilette à Mitry-Mory.
Pierre Colombier est retraité de la Compagnie parisienne de distribution d’Electricité (section Saint Ambroise). Membre du Parti communiste, Pierre Colombier est élu conseiller municipal de Mitry-Mory.
Pendant l’Occupation, il est arrêté le 20 octobre à son domicile par la Felgendarmerie. Le même jour trois autres militants de Mitry-Mory sont également arrêtés : Jean Guilbert, André Amiard (tous deux déportés à Auschwitz) et Charles Collet. Les 19 et 20 octobre, de nombreux élus ou militants communistes du département sont arrêtés. Parmi eux, 44 seront déportés à Auschwitz. Lire dans le blog la rafle des communistes en Seine-et-Marne, octobre 1941.
Pierre Colombier et ses camarades de Seine-et-Marne sont transférés par car au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le 20 octobre 1941
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Pierre Colombier est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Immatriculation à Auschwitz 8/07/1942
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45388". Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale"
Sa photo d’immatriculation (1) à Auschwitz a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz.  
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner au camp principal (Auschwitz I) soit approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
On ignore dans quel camp il est affecté à cette date.
Pierre Colombier meurt à Auschwitz le 12 août 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz ; in Death Books from Auschwitz, Tome 2, page 185). Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Le nom de Pierre Colombier est inscrit sur le monument aux morts de Mitry-Mory. En 1977, une cellule du PCF de Mitry-Mory porte son nom.
  • Note 1 : 522 photos d’immatriculation des « 45000 » à Auschwitz ont été retrouvées parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation du camp d’Auschwitz. A la Libération elles ont été conservées dans les archives du musée d’Auschwitz. Des tirages de ces photos ont été remis à André Montagne, vice-président de l'Amicale d'Auschwitz, qui me les a confiés. 
Sources
  • Lettre de son fils à Roger Arnould (23 février 1972).
  • Archives en ligne de l'Aisne.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau indiquant généralement la date de décès au camp.
  • "La Résistance en Seine et Marne", Claude Cherrier et René Roy, (Presses du Village).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau indiquant généralement la date de décès au camp.
  • © Site Site Internet mémorial « GenWeb ».
  • © Archives en ligne de l’Aisne. Etat civil et Registre matricule militaire.
  • © Citations et exploits du 87ème Régiment d’Infanterie. Paris, Imprimerie Compiègne, G. Petit, directeur, 1919. Numérisé par Xavier Antoine, 2010.
Biographie rédigée en janvier 2011 et complétée en août 2015 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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