L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BUSARELLO Léon

Léon Bussarello le 8 juillet 1942

Matricule "45318" à Auschwitz

Léon Busarello est né le 20 avril 1894 à Fagnon (Ardennes). 
Il est le fils de Maria Boury, 24 ans et d’Antoine Busarello, 30 ans, marchand forain, son époux.
Au moment de son arrestation, Léon Busarello habite au 94, cité du Bois-des-Sapins à Soissons (Aisne).
En 1914, Léon Busarello habite à Nantes (Loire-Atlantique) et travaille comme conducteur de chevaux. Le 31 août 1914 à la mairie de Nantes, Léon Busarello devance l’appel (il est de la classe 1915) et s’engage volontairement « pour la durée de la guerre ».
Son registre matricule militaire nous apprend qu’il mesure 1m 70, a les cheveux blonds, les yeux bleus, le nez rectiligne.
Le camp de Darmstadt
Le 1er septembre 1914 il est incorporé au 113ème régiment d’infanterie. Il passe au 1er Régiment du Génie le 24 mars 1915.
Son registre matricule note : « Disparu  le 14 juillet 1915 à la côte 269 » : il a été capturé par les Allemands. Il est prisonnier au camp de Darmstadt (Hesse) (photo des baraques), puis transféré à Cottbus (Brandebourg). Il est rapatrié le 26 décembre 1918.
Il « passe » au 21ème Génie le 1er mars 1919. Le 19 juillet 1919 à Dommiers (Aisne), il épouse Gabrielle Flard, 23 ans, ouvrière agricole. Il est démobilisé le 21 août 1919 par le dépôt démobilisateur du 1er Génie. Le 20 août il donne comme adresse le 66 rue du Landy à Aubervilliers, puis deux jours plus tard le 79 rue du Landy à La Plaine Saint-Denis (Seine / Seine-Saint-Denis) qui est situé quelques pâtés de maison plus loin. Il y habite encore en janvier 1920.
En avril 1921 la famille Busarello habite au 31 rue Bara prolongée à Soissons.
En 1932, pour l’armée, il est père de 7 enfants vivants, dégagé à ce titre de toute obligation militaire. 
En fait le couple aura huit enfants (Gabrielle, née en 1920, Louis, né en 1922, Madeleine, née en 1925, Andrée, née en 1927, Mireille, née en 1929, Odette, née en 1931, et Arlette, née en 1936)Il travaille comme serrurier. Léon Bussarello est arrêté à Soissons le 29 septembre 1941, dans la rafle des 29 et 30 septembre qui concerne 18 communistes ou présumés tels, rafle opérée en représailles de l’agression d’un soldat allemand à Courmelles le 29 septembre 1941 (parmi ces militants il y a Jean-Marie Guier, Charles Del Nero et Emile Maillard qui seront comme lui déportés à Auschwitz, ainsi que Roger Raymond). 
Dans une lettre datée du 30 septembre 1941, relative à l'arrestation de 18 otages communistes, qu’elle adresse à la Feldkommandantur 602 de Laon, la Feldkommandantur 527 de Soissons indique que les otages Jean Guier, Charles Del-Nero, Léon Busarello, Emile Maillard (et 14 autres militants) ont été incarcérés à la caserne Charpentier de Soissons. Une fiche des renseignements généraux (recensement 4 A 3685) le concernant est transmise aux autorités allemandes par le préfet de l'Aisne le 19 mars 1942. Sa fiche individuelle au BAVCC porte la mention «Résistance, otage communiste LA-10193». De la prison de Soissons, Léon Bussarello est transféré au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). A Compiègne, il reçoit le matricule 1604. Depuis le camp de Compiègne, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Léon Bussarello est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. 
Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942.
L'entrée du camp d'Auschwitz
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45318". 
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz (1) a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Léon Bussarello meurt à Auschwitz le 30 novembre 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz; in Death Books from Auschwitz, Tome 2, page 153). Son état civil porte toujours la mention « décédé le 6 octobre 1942 en Allemagne». Il serait souhaitable que le ministère corrige ces dates fictives qui furent apposées dans les années d'après guerre sur les état civils, afin de donner accès aux titres et pensions aux familles des déportés. Cette démarche est rendue possible depuis la parution de l'ouvrage "Death Books from Auschwitz" publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Le titre de «Déporté politique » a été attribué à Léon Bussarello (D025OI).

  • Note 1 : 522 photos d’immatriculation des « 45000 » à Auschwitz ont été retrouvées parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation du camp d’Auschwitz. A la Libération elles ont été conservées dans les archives du musée d’Auschwitz. Des tirages de ces photos ont été remis à André Montagne, alors vice-président de l'Amicale d'Auschwitz, qui me les a confiés. 
Sources
  • Registre matricule militaire de l'Aisne.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (fiche individuelle consultée en février et juin 1992).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau indiquant généralement la date de décès au camp.
  • "Livre des déportés ayant reçu des médicaments à l'infirmerie de Birkenau, kommando d'Auschwitz" (n° d'ordre, date, matricule, chambre, nom, nature du médicament) du 1.11.1942 au 150.7.1943.
  • © Site Site Internet Mémorial-GenWeb
  • © Site www.mortsdanslescamps.com
  • © Lettre de la Feldkommandantur 527 à la FK 602, Mémorial de la Shoah, catalogue.
Biographie rédigée en janvier 2011 (complétée en octobre 2015) par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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