L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BOUYSSOU FERNAND



Fernand Bouyssou. DR.
Fernand Bouyssou est né le mercredi 19 février 1902 à Châteaudun (Eure-et-Loir). 
Il est le fils d'Emilienne Langot, 28 ans et de Léonard Bouyssou, typographe, mariés à Brive le 20 mars 1896.
Il habite à Quessy-Centre (Aisne) au moment de son arrestation. 
Il est ouvrier du bâtiment, marié, père de 4 enfants.
Fernand Bouyssou est membre du Parti communiste. Il est arrêté le 1er mai 1942, à Quessy-Centre, par la gendarmerie française (le même jour que Roger Debarre («46231», rescapé du convoi et Jean Toussaint).
Transféré à Laon, Fernand Bouyssou est incarcéré à la prison d'Amiens le 21 mai 1942, puis il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le 22 mai 1942, en vue de sa déportation comme otage. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Fernand Bouyssou est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu. Le numéro «46222??» figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules, qui n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules.


Fernand Bouyssou meurt à Auschwitz le 4 novembre 1942 (date inscrite dans les registres du camp et transcrite à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz ; in Death Books from Auschwitz, Tome 2, page 124). Roger Debarre a raconté sa mort (cassette audio 4 février 1972) : «Toussaint, au Kommando "Kanal", a la jambe cassée en plusieurs endroits par la chute d'un drain. On ne l’avait pas soigné avant le retour du Kommando au camp. A l’infirmerie, il était resté quelques jours sans soins. D’où infection et gangrène. Son état ne cesse d’empirer». Roger Debarre le voit partir «en camion, en chemin pour Birkenau. Ce départ équivalait à la mort». « Ses derniers mots que j’ai pu entendre «Vive la France. Au revoir les copains. Courage".
Sa fiche d'état civil établie en France à la Libération porte toujours la mention «décédé au début de l'année 1943 à Auschwitz (Pologne)». Il est regrettable que le ministère n'ait pas corrigé cette date, à l'occasion de l'inscription de la mention "mort en déportation" sur son acte de décès (Journal officiel du 1 janvier 2006), ceci étant rendu possible depuis la parution de l'ouvrage publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Une rue Fernand Bouyssou honorant sa mémoire à Quessy-Tergnier (ancienne rue Paul Doumer) a été inaugurée le 26 avril 1972 (en même temps que la place et les rues portant les noms de Paul Caille, Gaston Millet et Paul Doloy) par le président de la FNDIRP de Tergnier-la Fère, Roger Debarre).
Fernand Bouyssou a été déclaré «Mort pour la France». Le titre de « Déporté Politique » lui a été attribué en 1954. Son nom figure sur le monument aux morts de Quessy.

Sources
  • Témoignages de Roger Debarre (cassette audio 1987 et questionnaire du 11 novembre 1987).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (fiche individuelle consultée en octobre 1993).
  • « L’Aisne Nouvelle » d’avril 1972 (coupures de presse communiquées par Roger Debarre).
  • © Site Internet Mémorial-GenWeb
  • © Site www.mortsdanslescamps.com
  • © Photo de Fernand Boussou, in « Mémoire Vive » n° 55 de mai 2014 page 15, lettre de l’association des 45000 et des 31000d’Auschwitz-Birkenau.
Biographie rédigée en janvier 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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