L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BOULANDET André, Etienne



45283

Rescapé

André Boulandet est né le 10 mars 1914 à Lognes (Seine-et-Marne). Il est le fils d'Hortense Jeanguyot, 22 ans, et de Pierre Bulandet, 27 ans domiciliés rue Bacot à Lognes. Ses parents sont chocolatiers. Il habite à Lognes au moment de son arrestation. Il est déclaré pupille de la Nation, le 17 août 1924.
Il est marié, père d’un enfant au moment de son arrestation (il en aura deux autres à son retour des camps). Il est ébéniste dans une usine de meubles. Il est membre du Parti communiste.
A l’Occupation, son nom figure sur une liste d’otages préparée le 25 août 1941 (In document XLIV- 59-60, Saint Germain, 24 décembre 1941), avec la mention : « ouvrier d’usine, fonctionnaire communiste », ce qui signifierait qu'il a été "permanent" (salarié) du Parti communiste.
Des Feldgendarmes venus de Meaux arrêtent André Boulandet à son domicile le 19 octobre 1941, comme otage. De nombreux élus ou militants communistes du département sont arrêtés les 19 et 20 octobre. Parmi eux, 42 seront déportés à Auschwitz. Lire dans le blog la rafle des communistes en Seine-et-Marne, octobre 1941.
André Boulandet et ses camarades de Seine-et-Marne sont transférés par cars au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), les 19 et 20 octobre 1941. Il figure sur au numéro N° 1810 sur la liste de recensement (décembre 1941) des communistes du camp de Compiègne nés entre 1912 et 1922 « aptes à être déportés à l’Est », en application de l’avis du 14 décembre 1941 du commandant militaire en France, Otto von Stülpnagel (archives du CDJC IV 198). Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog « une déportation d’otages ».

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
André Boulandet est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45283.
A Auschwitz, il est affecté au Block 22. Entre le 14 août 1943 et le 12 décembre 1943, il est en quarantaine au Block 11 avec la quasi totalité des français survivants. Lire l'article du blog "les 45000 au block 11.
Il se trouve avec 19 autres « 45000 » dans le dernier groupe qui est dirigé sur Mauthausen le 18 janvier 1945. Ils y arrivent le 25 janvier : André Boulandet reçoit le matricule 118 607. Une partie d'entre eux sont rapidement transférés dans des kommandos extérieurs de Mauthausen : Le 28 ou 29 janvier 1945, treize "45 000" sont affectés à Melk (usines souterraines) dont André Boulandet. Puis, le 15 ou 17 avril 1945, ils sont évacués à pied sur Ebensee (aménagement d'usines souterraines, province de Salzbourg) où ils seront libérés le 6 mai 1945. Lire dans le blog , "les itinéraires suivis par les survivants".
Il est rapatrié le même mois, via l'Hôtel Lutétia. Le titre de « déporté politique » lui a été attribué en 1953.
André Boulandet est mort le 7 février 1988 à Chelles (Seine-et-Marne).

Sources
  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, en 1987, rempli par André Boulandet, le 12 octobre 1987.
  • Site Internet mémorial « GenWeb ».
  • Fiche d'otages du 25 août 1941.
  • ACVG : novembre 1993
  • Lettre d'André Montagne (9 décembre 1983).
  • Etat civil de la mairie de Lognes (10 mars 1994).
Biographie rédigée en janvier 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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