L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BICHOT ANDRE JULES VICTOR




45244

André Bichot est né le 9 novembre 1905 à Maisoncelles-en-Brie (Seine-et-Marne). Son père est Ernest Bichot et sa mère Lucie Gaplet. Il habite au 86 rue Victor Hugo à Esbly (Seine-et-Marne) au moment de son arrestation.

Il est cheminot, employé au service de la voie (cantonnier n°40067). Il se marie le 7 novembre 1931 à Madre (Mayenne) avec Augustine Victorine Lemeunier, née le 5 juin 1905. Le ménage n’a pas d’enfant (rapport de police).

A l’Occupation, André Bichot est arrêté le 20 octobre 1941, avec 5 autres militants, dont Modeste Douchet, également cheminot, André Touret et Marcel Vincent qui seront comme lui déportés à Auschwitz. Le nom d’André Touret figurait sur la liste d’otages préparée le 25 août 1941 (In document XLIV- 59-60) Saint Germain 24 décembre 1941).

De nombreux élus ou militants communistes du département sont arrêtés les 19 et 20 octobre. Parmi eux, 42 seront déportés à Auschwitz. Lire dans le blog la rafle des communistes en Seine-et-Marne, octobre 1941.

Une enquête des services de la préfecture a été faite en 1942 à la suite de la demande de libération effectuée par l’épouse d’André Bichot. Le rapport indique « le prénommé était connu pour avoir des idées très avancées et avoir adhéré au parti communiste (…) il était noté comme tel sur la liste conservée à la Brigade de Gendarmerie d’Esbly, communiquée d’ailleurs à monsieur le commissaire de police spéciale à Melun avant les propositions d’internement. Il en a été de même pour les trois autres militants sur le compte desquels sont établis les présents rapports ». Le préfet de Seine et Marne écrivant à la suite de ces rapports à Brinon, le 20 juin 1942 (même texte le 2 juin 1943) : « J’ai l’honneur de vous faire connaître que Bichot André était connu comme militer au sein du parti communiste. Quoique bon ouvrier, il est représenté toutefois comme peu intéressant et très mauvais esprit. En raison de ces renseignements, il me paraît difficile d’intervenir auprès des autorités allemandes en vue de sa libération). Les cheminots communistes (ou sympathisants) semblent avoir été particulièrement visés : 9 d’entre eux sont arrêtés en ce mois d’octobre et sont déportés à Auschwitz.

André Bichot et ses camarades d’Esbly sont transférés par car au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le 20 octobre 1941. A Compiègne il reçoit le matricule 1790 et est affecté à la baraque A3. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog « une déportation d’otages ».

André Bichot est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45244.

André Bichot meurt à Auschwitz le 2 août 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz, in Death Books from Auschwitz, Tome 2, page 86).

Sa fiche d'état civil établie en France à la Libération porte toujours la mention « décédé le 15 septembre 1942, à Auschwitz-Birkenau (Pologne)». Il serait souhaitable que le ministère corrige ces dates fictives qui furent apposées dans les années d'après guerre sur les état civils, afin de donner accès aux titres et pensions aux familles des déportés. Cette démarche est rendue possible depuis la parution de l'ouvrage "Death Books from Auschwitz" publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.

Il a été déclaré "Mort pour la France". Le titre de «Déporté politique» lui a été attribué le 20 décembre 1954.

Sources

  • Bureau des archives des Victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel consulté en 1991 et juillet 1992).
  • "La Résistance en Seine et Marne", Claude Cherrier et René Roy, (Presses du Village).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.

Biographie rédigée en janvier 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.

Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. Si, membre de la famille du déporté, vous ne souhaitez pas que cette biographie soit publiée sur Internet, je vous prie de me le faire immédiatement savoir : elle sera aussitôt retirée du blog.

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