L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BARBE PAUL



Matricule "45195" à Auschwitz

Paul Barbe est né le 1er octobre 1900 au 39 rue de la grande montagne à Nemours (Seine-et-Marne), où il habite au 16 quai des Tanneurs au moment de son arrestation.
Il est le fils de Julie, Eugénie Desmotiers, 28 ans et de Paul Barbe, 30 ans, ajusteur, son époux.
Son registre matricule militaire nous apprend qu’il mesure 1m 74, a les cheveux châtain et les yeux noirs, le nez moyen, le visage rond. Il possède un niveau d’instruction n° 3 (possède une instruction primaire développée).
Paul Barbe est mécanicien rectificateur au moment de son appel sous les drapeaux, puis tourneur sur métaux. Il habite 16 quai des tanneurs à Nemours.
Conscrit de la classe 1920, il est appelé sous les drapeaux le 18 mars 1920 et incorporé au 63ème Régiment d’Artillerie d’Assaut.

Il est envoyé en disponibilité le 4 mars 1922, avec un « certificat de bonne conduite ». Il se retire 16 quai des tanneurs à Nemours.
Paul Barbe est rappelé à l’activité par le décret de mobilisation générale du 3 septembre 1939. Il est affecté au CMA 341 le 3 septembre 1939. Le 1er décembre 1939, il est affecté à l’Ecole d’application d’Artillerie de Fontainebleau.
Pendant  l’Occupation, Paul Barbe est arrêté le 19 octobre 1941 à son domicile par la Felgendarmerie. Les 19 et 20 octobre, de nombreux élus ou militants communistes du département sont arrêtés. Parmi eux, 44 seront déportés à Auschwitz. Lire dans le blog la rafle des communistes en Seine-et-Marne, octobre 1941.
A la demande des autorités allemandes, Paul Barbe et ses camarades de Seine-et-Marne sont transférés par car au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le 19 octobre 1941.Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog « une déportation d’otages ».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Paul Barbe est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45195". Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a pas été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Dessin de Franz Reisz, 1946

Paul Barbe meurt à Auschwitz le 18 septembre d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz in Death Books from Auschwitz, Tome 2, page 51). Cette date correspond aux jours qui suivent une importante "sélection" des "inaptes au travail" destinés à être éliminés dans les chambres à gaz de Birkenau. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Il a été déclaré "Mort pour la France". Le titre de « Déporté politique » lui a été attribué en 1955. Le nom de Paul Barbe est inscrit sur le monument aux morts de Nemours.

Sources
  • "La Résistance en Seine et Marne", Claude Cherrier et René Roy, (Presses du Village).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • © Site Site Internet mémorial « GenWeb ».
  • Registre matricule militaire © Archives en ligne de Seine-et-Marne.
  • © Dessin de Franz Reisz, in « Témoignages sur Auschwitz », ouvrage édité par l’Amicale des déportés d’Auschwitz (1946).
Biographie rédigée en janvier 2011 (complétée en octobre 2015) par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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