L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


HOUARD Germain

Germain Houard pendant son service militaire


Matricule "45667" à Auschwitz
Rescapé


Germain Houard est né le 5 mars 1909 Chartres (Eure-et-Loir). Son père est terrassier. Il habite rue de la Mairie à Chartres au moment de son arrestation.
Il s’est marié le 6 août 1927 avec Léonie, Georgina, Églantine Lecoq à Chartres.
Conscrit de la classe 1929, Germain Houard effectue son service militaire au 401ème régiment d’Artillerie. 
Le jeune couple Houard a un garçon, Georges, né le 29 juillet 1931 à Jouy, où Germain Houard travaille comme ouvrier agricole (le couple habite alors à Mainvilliers). 
Germain Houard est embauché à la fonderie Tessier-Rose-Brault. Le couple habite rue de la Mairie à Chartres. Il est licencié pour avoir participé à une grève dans son entreprise. 
Il est alors embauché comme chauffeur à la ville de Chartres. Adhérent au Parti communiste et à la CGT, «il aurait été secrétaire régional du Parti communiste en 1939 » (Maîtron).
Germain Houard est arrêté le 2 juillet 1941, pour « fait de résistance » selon son fils, à la même période qu’Eugène Gilles. Ils sont remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci les internent au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le 21 juillet 1941. Il y reçoit le matricule n°1358.
Pour comprendre le mécanisme qui mène à leur déportation, lire dans le blog « une déportation d’otages ».
Germain Houard est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45667.
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 

Entre le 14 août 1943 et le 12 décembre 1943, il est en quarantaine au Block 11, avec la quasi totalité des survivants français du convoi.
Le 8 juillet 1942

Lire l'article du blog "les 45000 au block 11
Le 29 août 1944, il est transféré avec 29 autres "45000" du camp d'Auschwitz à celui de Sachsenhausen. Il y reçoit le matricule "94259".
Lire dans le blog , "les itinéraires suivis par les survivants".
Germain Houard est à nouveau transféré à Kochendorf (kommando de Natzweiler-Struthof), situé sur le Neckar à 50 km de Stuttgart, (mines de sel et usines souterraines). Il y arrive le 5 octobre 1944 avec Georges Gourdon, Henri Hannhart, Louis Jouvin, Lahoussine Ben Ali, Guy Lecrux, Gabriel Lejard, Maurice Martin (qui sera transféré à Insbruck).
Fin mars 1945, sept « 45000 » sont évacués sur Dachau : à pied jusqu'à Augsburg, puis en train jusqu'à Dachau où ils arrivent le 8 avril 1945. Germain Houard y reçoit le n° matricule 140 715. Gabriel Lejard a raconté cette terrible marche entre Kochendorf et Augsburg. Avec Germain Houard ("le Germain"), ils sont à la fin de la colonne et doivent enterrer les morts entassés dans une charrette qu'ils tirent à grand'peine. Partis à 1500, les déportés ne sont plus que 200 à l'arrivée à Dachau. Les sept « 45000 » de la colonne ont survécu.

Le 29 avril 1945, les troupes américaines libèrent le camp, mais le rapatriement tarde à venir et Germain Houard s'évade du camp avec 5 de ses camarades : Lahoussine Ben Ali est mort et Guy Lecrux est resté à l'hôpital. Le 15 mai, ils sont à Paris, ramenés par le train, "en wagons à bestiaux, comme on était venus".
Le titre de « Déporté politique » a été attribué à Germain Houard. Il a reçu la médaille de la Déportation.
A son retour à Chartres, il est président départemental de la FNDIRP.
En 1965, au retour d’un pèlerinage commémoratif à Auschwitz qui l’a bouleversé, il met fin à ses jours le 16 août 1965.

Sources

  • Renseignements communiqués par Maurice Ollivier et Mme Martin Roussel (FNDIRP 28) en 1972.
  • Lettre de Georges Houard, son fils, le 11 août 1989.
  • Témoignage et cassette de Gabriel Lejard. ­
  • Lettre de Georges Gourdon à Roger Abada qui témoigne de sa présence à Kochendorf.
  • Questionnaire rempli par Georges Houard (1989).
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom. Tome 31, page 392.
  • Documents de Georges Dudal, avec qui Georges Huard a été en contact.
Biographie rédigée en 2001 et modifiée en décembre 2010 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : « Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
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