L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


THIERY Louis, Emile, Marcel


Louis Thiéry D.r.
Matricule "46141" à Auschwitz

Louis Thiéry est né le 24 mai 1908 à Noncourt-Rongeant (Haute-Marne). 
Il habite à Donjeux (Haute-Marne) au moment de son arrestation.
Il est mouleur à la fonderie Ferry-Capitain de Bussy, commune de Vecqueville. 
Dans cette même usine travaillent également Louis Bedet, Georges Collin, Edmond Gentil et Bernard Hacquin, qui seront également arrêtés et déportés dans le convoi du 6 juillet 1942.
Il se marie avec Élisabeth Haulet. Le couple a deux enfants (Josette, née le 22 juin 1933, et Max, né le 20 août 1938).
Adhérent à la CGT, il participe activement à la grève de 1938. Louis Thiéry est membre du Parti communiste, à la cellule de Joinville.
Le 8 avril 1940, il est arrêté sur son lieu de travail par la police française et transféré le 8 mai à la citadelle de Besançon (Doubs). Le 3 octobre, il s’évade et franchit la ligne de démarcation près de Dôle. Il reste deux jours à Lons-le-Saunier.
Dans la matinée du 10 octobre, pour rejoindre son domicile à Donjeux, il traverse à pied un bras de Marne passant dans le village. Mais il est dénoncé et il est arrêté à son domicile par la police allemande. Conduit à la Maison d’arrêt de Chaumont, Louis Thiéry est jugé vers le 18 novembre et condamné à deux mois de prison.
D’après le fichier national du bureau des archives des conflits contemporains, Louis Thiéry est arrêté à nouveau le 24 juin 1941, par la police française, dans le cadre de la grande rafle commencée le jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique (22 juin) 1941. Sous le nom « d’Aktion Theodorich », les Allemands arrêtent plus de mille communistes dans la zone occupée, avec l’aide de la police française. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy, ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré par la Wehrmacht et qui ce jour là devient un camp de détention des “ennemis actifs du Reich”. A Compiègne il reçoit le matricule N°635.
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Louis Thiéry est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Immatriculation à Auschwitz le 8 juillet 1942
Louis Thiéry est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 46141 selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale"
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. La photo d'immatriculation portant ce numéro a été identifiée en comparaison d'une photo de famille (association "Mémoire Vive"). 
Louis Thiéry meurt à Auschwitz le 20 août 1942 d’après les registres du camp (date reprise par son avis officiel de décès). Son nom est inscrit sur le monument au morts de Donjeux.

Sources
  • Max Thiéry, son fils, membre du bureau de la section de la Haute-Marne de l’Association des Orphelins de Déportés, Fusillés, Massacrés, victimes de la barbarie nazie : lettre et réponse à un questionnaire de l’Association « Mémoire Vive », 2-02-2008
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Bureau des archives des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel consulté en 1992).
Biographie rédigée en novembre 2010 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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