L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


MUEL Louis, Lucien, Antoine



Louis Muel est né le 5 janvier 1909 à Rachecourt-sur-Marne, par Chevillon (Haute-Marne), où il habite au moment de son arrestation. Il est marié, père de 3 enfants en bas âge, et sa femme Georgette est enceinte au moment de son arrestation.

Louis Muel est ouvrier métallurgiste, aide-lamineur aux forges de Rachecourt. Militant du Parti communiste, il est membre de la cellule de Rachecourt, reliée à celle de Joinville.

A l’Occupation, il est arrêté une première fois le 28 janvier 1941, pour "coups et blessures sur une quatrième personne", avec 2 autres métallos. Les causes de cette rixe, qui a eu lieu 28 janvier 1941, ne sont pas connues. Le 12 mars 1941, le tribunal Correctionnel de Wassy le condamne à 4 mois de prison, qu'il effectue à la maison d'arrêt de Chaumont (52).

En cours d'internement, la police allemande vient l'arrêter le 22 juin 1941, et le transfère à Compiègne, le 27 juillet (Préfecture de Haute-Marne - LA 2667). Cette arrestation a lieu dans le cadre de la grande rafle commencée le 22 juin, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique. Sous le nom « d’Aktion Theodorich », les Allemands arrêtent plus de mille communistes dans la zone occupée, avec l’aide de la police française. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy (la prison de Chaumont pour la Haute-Marne), ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré par la Wehrmacht et qui ce jour là devient un camp de détention des “ennemis actifs du Reich”.

Louis Muel est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

On ignore son numéro d’immatriculation à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942. Le numéro « 45915 ? » figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Cette reconstitution n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il était donc hasardeux de maintenir ce numéro en l’absence de nouvelles preuves. Il ne figure plus dans mon ouvrage «Triangles rouges à Auschwitz».

Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de décès de Louis Muel à Auschwitz. Dans les années d’après-guerre, l’état civil français a fixé celle-ci à une date fictive le 15 août 1942 (acte de décès 12 juillet 1946). Cette date a été reprise par l’arrêté du 31 juillet 1997 portant apposition de la mention «Mort en déportation» sur les actes de décès, paru au Journal Officiel du 14 décembre 1997.

Louis Muel a été déclaré « Mort pour la France » le 30 octobre 1953. Le titre de «déporté politique» lui a été attribué (1119 07011 le 18 sept.1953). Son mom est inscrit sur le monument aux morts de Rachecourt-sur-Marne.

Sources

  • M. Lionel Gallois, directeur des Archives départementales de Haute-Marne, 11 octobre 1991.
  • Correspondance avec Jean-Marie Chirol, animateur du « Club Mémoires 52 », le 5 août 1994 : communication de ses recherches aux archives départementales et auprès de l'état civil des mairies (1992-1994).
  • Site internet Mémorial «GenWeb ».
  • Bureau des archives des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel consulté en avril et décembre 1992).

Biographie rédigée en novembre 2010 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.

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