Ce blog, hommage aux déportés du convoi du 6 juillet 1942, est à la croisée de l’Histoire et de la Mémoire. Il est basé sur des recherches universitaires prolongeant celles de Roger Arnould, ancien déporté et documentaliste de la FNDIRP.



HACQUIN Bernard, Léon

Bernard Hacquin et Georges Dufays



45649

Bernard Hacquin est né le 14 août 1905 au Hameau des Forges St Bernard dans la commune de Longchamp-sur-Ayon (Aube). Fils de Jules Hacquin et de Marie Laroche son épouse. Bernard Hacquin habite Joinville au moment de son arrestation. Il est marié, père “de 8 ou 9 enfants“.

Il travaille à la fonderie Ferry-Capitain de Bussy, commune de Vecqueville. Dans cette même usine travaillent également Louis Bedet, Georges Collin, Edmond Gentil et Louis Thiéry qui seront également arrêtés et déportés dans le convoi du 6 juillet 1942.

Bernard Hacquin est arrêté le 22 juin 1941, dans le cadre de la grande rafle commencée ce jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique. Sous le nom de code « Aktion Theoderich », les Allemands arrêtent plus de mille communistes dans la zone occupée, avec l’aide de la police française. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy (la prison de Chaumont pour la Haute-Marne), ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré par la Wehrmacht et qui ce jour là devient un camp de détention des “ennemis actifs du Reich”. Interné à Compiègne Remis aux autorités allemandes à leur demande il est est interné au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) le 27 juin 1941. Il est affecté au camp BI. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».

Bernard Hacquin est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45649. Affecté à Birkenau, Bernard Hacquin meurt à Auschwitz-Birkenau le 9 août 1942 selon les registres du camp. Dans les années d’après-guerre, l’état civil français n’ayant pas eu accès aux archives d’Auschwitz emportées par les armées soviétiques (et désormais accessibles depuis 1995) a fixé celle-ci au 15 octobre 1942 sur la base du témoignage de deux de ses compagnons de déportation. Cette date inexacte, portée sur l’acte de décès du 10 août 1946 n'a pas été modifiée lors de l'apposition de la mention «Mort en déportation» sur son actes de décès (Journal Officiel du 04 janvier 1994). Il serait souhaitable que le ministère corrige ces dates fictives qui furent apposées dans les années d'après guerre sur les état civils, afin de donner accès aux titres et pensions aux familles des déportés. Cette démarche est rendue possible depuis la parution de l'ouvrage "Death Books from Auschwitz" publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.

Bernard Hacquin a été déclaré « Mort pour la France » le 20 juin 1947. Il est homologué « Déporté politique » en 1956. Son nom figure sur le monument destiné aux enfants du canton de Joinville morts pour la Patrie.

Sources

  • Extrait de naissance, mairie de Longchamp-sur-Ayon (mars 1992).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Bureau des archives des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel consulté en octobre 1993).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Site internet « Genweb ».

Biographie rédigée en novembre 2010 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.

Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. Si, membre de la famille du déporté, vous ne souhaitez pas que cette biographie soit publiée sur Internet, je vous prie de me le faire immédiatement savoir : elle sera aussitôt retirée du blog.

Aucun commentaire: