L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


GAZELOT Pierre



Pierre Gazelot est né le 30 août 1913 à Bar-le-Duc (Meuse). Il habite 26 petite route de Marnaval à Saint-Dizier (Haute-Marne) au moment de son arrestation. Il est marié et père de famille, employé à l'hôpital psychiatrique de St Dizier. Il est membre du Parti communiste.

A l’Occupation, il est arrêté le 12 août 1941, à Saint-Dizier. Emprisonné à Chaumont, il est remis ensuite aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstallag 122). Il figure sous le N°1563 sur la liste de recensement des jeunes communistes du camp de Compiègne aptes à être déportés "à l’Est", en application de l’avis du 14 décembre 1941 du commandant militaire en France, Otto von Stülpnagel (archives du CDJC).

Pierre Gazelot est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

On ignore son numéro d’immatriculation à Auschwitz. Le numéro « 45588 ? » figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Cette reconstitution n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il était donc hasardeux de maintenir ce numéro en l’absence de nouvelles preuves : Il ne figure donc plus dans mon ouvrage « triangles rouges à Auschwitz». Une identification demeure encore possible grâce à la publication du portrait ci-contre.

Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de décès de Pierre Gazelot à Auschwitz. Dans les années d’après-guerre, afin de donner accès aux titres et pensions aux familles des déportés, l’état civil français n’ayant pas eu accès dans les années d'après-guerre aux archives d’Auschwitz emportées par les armées soviétiques, a fixé celle-ci à une date fictive (le 1er, 15 ou 30 d'un mois estimé) sur la base du témoignage d'un de ses compagnons de déportation. Selon son acte de décès enregistré en Mairie et daté du 8 août 1946, il meurt à Auschwitz le 15 décembre 1942. Date fictive reprise par l’arrêté du 23 octobre 1992 paru au JO du 1er décembre 1992.

La plaque commémorative en l’Hôtel de ville de St Dizier honore sa mémoire.

Sources

  • Correspondances avec Jean-Marie Chirol, animateur du Club "Mémoires 52" : communication de ses recherches aux archives départementales et auprès de l'état civil des mairies (1992-1994).
  • Blog du club "Mémoires 52", association de recherches historiques consacrées au département de la Haute-Marne, créée, en 1991, par Jean-Marie Chirol (1929-2002).
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • - Bureau des archives des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel consulté en février et juillet 1992).

Biographie rédigée en novembre 2010 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.

Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

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