L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


GAZELOT Pierre


Pierre Gazelot jeune
Photo famille, DR Christiane Lesage
Pierre Gazelot le 8 juillet 1942 à  Auschwitz
Matricule "45.584" à Auschwitz

Pierre Gazelot est né le 30 août 1913 à Bar-le-Duc (Meuse). Il habite 26 petite route de Marnaval à Saint-Dizier (Haute-Marne) au moment de son arrestation. 
Il est le fils de Maria-Héléna Fridrich, 38 ans et de Jules Gazelot, 41 ans, son époux.

Il a une sœur  et trois frères aînés : Marie-Louise (1898), Jean-Pierre (1903), Raymond (1907) et marc (1911). Leur mère est décédée en 1945.
Employé à l'hôpital psychiatrique de St Dizier, Pierre Gazelot est membre du Parti communiste.
Il est mobilisé à la déclaration de guerre.
Le 9 décembre 1939 à Saint-Dizier il épouse Andrée, Yvonne Renard.  
Le couple a une fille, Christiane, qui naît le 30 septembre 1940.
Après l’Armistice et l’Occupation allemande, René Bousquet, avait fait établir dès septembre 1940 en tant que Préfet de la Marne des listes de “communistes notoires” et effectuer des enquêtes dans les entreprises. Nommé par Vichy Préfet de Région (Marne, Haute-Marne et Aube) le 28 août 1941, René Bousquet va continuer cette politique dans la Haute-Marne. Avec l’invasion de l’Union soviétique le 22 juin 1941, les autorités allemandes se sont fait remettre les notices individuelles des communistes connus, déjà arrêtés ou incarcérés par la police française.  Le 10 septembre 1941, c’est le début de la « politique des otages ». Lire dans le blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942).
Après sa démobilisation, Pierre Gazelot a repris des activités politiques clandestines.
Pierre Gazelot est arrêté à son domicile le 12 août 1941 en même temps qu’Henri Quéruel, Louis Petit et Georges Savary (1). Ils sont conduits à la Kommandantur de Saint-Dizier, avenue de la République pour interrogatoire. Le jour suivant ils sont incarcérés à la Maison d’arrêt de Chaumont. Ils sont remis ensuite aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstallag 122). 
Liste des jeunes communistes "déportables à l'Est"
Montage photo à partir des originaux © Pierre Cardon
Il reçoit le numéro matricule "1563" à Compiègne.
Pierre Gazelot figure sur la liste de recensement des jeunes communistes du camp de Compiègne (nés entre 1912 et 1922), aptes à être déportés "à l’Est", (Kommunistischer Häftlinge des Interniertenlagers)  en application de l’avis du 14 décembre 1941 du commandant militaire en France, Otto von Stülpnagel (archives du CDJC IV-198). 
Depuis le camp de Compiègne, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportatio
Pierre Gazelot est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942.
A son arrivée à Auschwitz, il est immatriculé le 8 juillet 1942 sous le matricule « 45588 ". Ce numéro matricule dont j'avais reconstitué la probabilité à partir des 4 listes du convoi, n'était néanmoins pas certain et ne figurait pas dans non dernier ouvrage. Il a été authentifié par Mme Christiane Lesage la fille de Pierre Gazelot dans un courrier à l'association "Mémoire Vive " en 2013 qui a fourni des photos à l'association..
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur
sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Dessin de Franz Reisz, 1946
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de décès de Pierre Gazelot à Auschwitz. Dans les années d’après-guerre, afin de donner accès aux titres et pensions aux familles des déportés, l’état civil français n’ayant pas eu accès dans les années d'après-guerre aux archives d’Auschwitz emportées par les armées soviétiques, a fixé celle-ci à une date fictive (le 1er, 15 ou 30 d'un mois estimé) sur la base du témoignage d'un de ses compagnons de déportation. Selon son acte de décès enregistré en Mairie et daté du 8 août 1946, il meurt à Auschwitz le 15 décembre 1942. Date fictive reprise par l’arrêté du 23 octobre 1992 paru au JO du 1er décembre 1992.
La plaque commémorative en l’Hôtel de ville de St Dizier honore sa mémoire.

  • Note 1 : Georges Savary est interné à Compiègne, déporté à Sachsenhausen le 23 janvier 1943, il est libéré à Stettin le 23 mai 1945. En 1992 il est responsable de la FNDIRP de Saint-Dizier. 
Sources
  • Correspondances avec Jean-Marie Chirol, animateur du Club "Mémoires 52" : communication de ses recherches aux archives départementales et auprès de l'état civil des mairies (1992-1994).
  • Blog du club "Mémoires 52", association de recherches historiques consacrées au département de la Haute-Marne, créée, en 1991, par Jean-Marie Chirol (1929-2002).
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Bureau des archives des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel consulté en février et juillet 1992). 
  • © Dessin de Franz Reisz, in « Témoignages sur Auschwitz », ouvrage édité par l’Amicale des déportés d’Auschwitz (1946).
  • Notice biographique : Mémoire Vive – Pierre GAZELOT – 45584 publiant les photos et témoignages communiqués par la fille de Pierre Gazelot, Mme Christiane Lesage.
Notice biographique rédigée en novembre 2010, complétée en 2015 et 2018 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

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