L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


COLLIN Georges, Louis




Georges Collin à Auschwitz
Matricule "45387" à Auschwitz


Georges Collin est né le 4 avril 1894 à Poissons au domicile de sa mère et  déclaré à Sémoutiers (Haute-Marne). Il habite Saint-Dizier (Haute-Marne) au moment de son arrestation.
Il est le fils de Louise Collin, 29 ans, sans profession, célibataire.
Lors du conseil de révision, Georges Collin  habite à Poissons. Il y travaille comme Domestique. Son registre matricule militaire indique qu’il mesure 1m 73, pèse 63 kg, a les cheveux châtain, les yeux bleus, le front et le nez moyen et le visage ovale.
Conscrit de la classe 1914, Georges Collin est mobilisé à la déclaration de guerre. Il est affecté dans les équipages de la Flotte. Embarqué, il survit au naufrage de son navire, coulé par les Allemands.
Le 21 juillet 1919, à Thonnance, il épouse Germaine, Gabrielle Tarrasse.
Le 6 août 1932 à Fontaines-sur-Marne, il se remarie avec Marie, Eugénie, Anna Bédet.
Père de famille, il est ouvrier à Bussy-St-Georges.
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Membre du Parti communiste, il est arrêté le 23 juin 1941 par les polices allemande et française, en même temps que Louis Bedet (45220) : A partir du 22 juin 1941, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique, sous le nom "d’Aktion Theoderich", les Allemands arrêtent plus de mille communistes dans la zone occupée, avec l’aide de la police française. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy, ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré par la Wehrmacht et qui ce jour là devient un camp de détention des “ennemis actifs du Reich”.
A Compiègne, il reçoit le matricule "601", est affecté au Bâtiment 17.

Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages
Georges Collin est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45387.
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Georges Collin meurt à Auschwitz le 26 août 1942 d’après la liste établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau. Son état civil établi dans les années d'après guerre (jugement déclaratif de décès enregistré le 25 mai 1946) porte la date "décédé le 15 septembre 1942 à Auschwitz (Pologne)". Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Le titre de « déporté politique » lui a été attribué le 26 novembre 1952), carte N° 1119 03164 délivrée à Mme Marie Eugénie Collin.

Sources

  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Lettre de M. Jean Bedet qui le cite comme arr^eté en même temps que son père (1992).
  • Blog du club Mémoires 52, association de recherches historiques consacrées au département de la Haute-Marne, créée, en 1991, par Jean-Marie Chirol (1929-2002).
  • Bureau des archives des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel consulté en décembre 1992).
  • © Archives en ligne : Etat civil et Registres matricules militaires de Haute-Marne.
Biographie rédigée en novembre 2010, complétée en 2015 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé).
Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
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