L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


CAMPION Léon, René



45324
Léon Campion est né le 17 juin 1898 à Paris XIXème, impasse du Puits. Il habite au 3 rue Ledru Rollin à Chaumont (Haute-Marne) au moment de son arrestation.
Il est
graveur sur métal et vend so travail sur les marchés.
Il se marie à Chaumont avec Hélène Léonie Leclère. Le couple a 5 enfants.
Léon Campion est secrétaire du Parti communiste de Chaumont.

Il est arrêté le 22 juin 1941 par la Feldgendarmerie, dans le cadre de la grande rafle commencée ce jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique. Sous le nom « d’Aktion Theoderich », les Allemands arrêtent plus de mille communistes dans la zone occupée, avec l’aide de la police française. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy, ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré par la Wehrmacht et qui ce jour là devient un camp de détention des “ennemis actifs du Reich”.
Léon Campion est emprisonné pendant une semaine à la maison d’arrêt de Chaumont, puis interné à Compiègne.

Léon Campion est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45324.
Léon Campion meurt à Auschwitz le 27 août 1942 d’après les registres du camp.
Son état civil établi le 26 avril 1947 (acte de Préfecture) porte une autre date : « décédé le 7 novembre 1942 à Auschwitz », et un arrêté du 5 octobre 1987 publié au JO du 13 novembre 1987 et portant apposition de la mention "mort en déportation" porte "décédé en novembre 1942 à Auschwitz (Pologne)". La raison de ces différences est simple : afin de donner accès aux titres et pensions aux familles des déportés, l’état civil français qui n’avait pas eu accès dans les années d'après-guerre aux archives d’Auschwitz emportées par les armées soviétiques, a fixé celle-ci à une date fictive (le 1er, 15 ou 30 d'un mois estimé) ou induite à partir du témoignage d'un de ses compagnons de déportation (pour Léon Campion, son camarade Raymond Saint-Lary a témoigné en février 1947 qu’il était mort en novembre).

Le titre de « déporté politique » lui a été attribué le 1er juin 1945.

Son nom est inscrit sur le monument commémoratif 1939-1945, au cimetière Clamart de Chaumont.

Après la libération, une enquête de gendarmerie a été diligentée pour la détermination des titres posthumes (2/12/1953). J’ai relevé les témoignages suivants :
Pierre Doncarli, président du Comité départemental de la FNDIR en 1949 « J’ai très bien connu Campion Léon, René, qui était en 1941 secrétaire du PC de Chaumont. Campion n’a pas fait partie de la Résistance, car il n’y avait à cette époque aucune organisation. Campion a été arrêté le 21 juin 1941 comme politique».
Michel Elmerich, employé SNCF « Il travaillait à son domicile et sur le marché. Malgré qu’il travaillait pour les allemands, il avait une opinion politique contre eux et ne se cachait pas pour les critiquer…»
M. Chapuis témoigne à peu près dans les mêmes termes «seules ses opinions politiques communistes sont cause de son arrestation».

Sources

  • Correspondances avec Jean-Marie Chirol, animateur du « Club Mémoires 52 » : communication de ses recherches aux archives départementales et auprès de l'état civil des mairies (1992-1994).
  • Blog du club Mémoires 52, association de recherches historiques consacrées au département de la Haute-Marne, créée, en 1991, par Jean-Marie Chirol (1929-2002).
  • Photo du monument au morts du cimetière Clamart de Chaumont (photo Michelot).
  • Site internet Mémorial «GenWeb ».
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Bureau des archives des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel consulté octobre 1993 et Val de Fontenay).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
Biographie rédigée en novembre 2010 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé).
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