L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


VINCHE Raymond, Georges


Plaque de la rue Raymond Vinche

Raymond Vinche @
Le Parisien Libéré
Raymond Vinche est né le 20 janvier 1913 à Noyon (Oise). Son père est manouvrier. Il habite à Noyon au moment de son arrestation.
Après des études primaires, il exerce le métier de menuisier. Puis il est métreur, ensuite conducteur de travaux dans le bâtiment. 

Il est international de basket avant-guerre (vraisemblablement au sein de l'équipe du sport travailliste qui devait participer aux Olympiades populaires de Barcelone, organisées pour protester contre les JO de Berlin).
Raymond Vinche adhère au Parti communiste en 1934 et en devient un des militants les plus actifs dans le Noyonnais. Il milite également à la CGT (il en est un des responsables en 1936).
Pendant l’Occupation, «l’une des premières organisations et sans doute la plus active dès le début de la guerre sera celle des communistes menée par le couvreur André Dumontois, principal récupérateur d’armes et de munitions dans le Noyonnais». (in "etablissements.ac-amiens"). Parmi les militants qui font partie de ce groupe on note les noms de Maurice Leleu et de Raymond Vinche.
Raymond Vinche est arrêté le 7 juillet 1941, par des gendarmes français, en même temps que deux autres militants communistes noyonnais qui seront libérés, René Masse et Maurice Leleu.
Raymond Vinche est remis aux autorités allemandes à leur demande. 
Celles-ci l’internent le 16 juillet 1941 au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). A Compiègne, il reçoit le numéro matricule "1293".


Son nom est inscrit sur la liste de recensement (décembre 1941) des jeunes communistes du camp de Compiègne nés entre 1912 et 1922 «aptes à être déportés à l’Est», en application de l’avis du 14 décembre 1941 du commandant militaire en France, Otto von Stülpnagel (archives du CDJC IV 198).
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».
Raymond Vinche est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu. Le numéro «46184 ??» figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules, qui n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules.

Dessin Franz Reisz, 1946
Raymond Vinche est affecté au camp d’Auschwitz I. Il meurt à Auschwitz le 18 septembre 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 1277), dans les jours qui suivent une importante «sélection» des «inaptes au travail» destinés à être éliminés dans les chambres à gaz de Birkenau.
Sa fiche d'état civil établie en France après la Libération porte toujours la mention «décédé en octobre 1942 à Auschwitz (Pologne)». Il est regrettable que le ministère n'ait pas corrigé cette date, à l'occasion de l'inscription de la mention "mort en déportation" sur son acte de décès (Journal officiel du 1er mars 2002). Ceci était pourtant rendu possible depuis la parution de l'ouvrage publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Le 8 juillet 1973, un hommage public est rendu au carrefour des rues Gabriel-Fauré et des Sept-Péchés-Capitaux au groupe de cinq résistants communistes (FTPF), dont Raymond Vinche, mené par André Dumontois, arrêté le 4 ou 5 octobre 1941. (Archives municipales 2W7).

Le 24 avril 1975 sont gravés sur les plaques dans la crypte du monument aux morts les noms des vingt combattants et douze déportés dont Raymond Vinche nés à Noyon « Morts pour la France » pendant la Seconde Guerre mondiale (Docteur Jean Lefranc, «Chroniques noyonnaises», in Comptes rendus et mémoires, Noyon, Société Archéologique, Historique et Scientifique de Noyon, tome 36, 1990, p 87.

Inaugurées le 13 juillet 2013, trois stèles situées dans le carré militaire du cimetière rue de Lille honorent les combattants, les résistants et les déportés « Morts pour la France » de toutes les guerres inhumés dans les deux cimetières de Noyon. 
Une rue de Noyon porte son nom (cf photo au début de la biographie).


Le Parisien @ archives ANACR
Ci-contre une coupure de presse du Parisien Libéré, transmise par M. Fabien Crinon, secrétaire de la Société Historique, Archéologique et Scientifique de Noyon : elle relate la cérémonie d''inscription sur le monument aux morts des noms de Raymond Vinche, Maurice Quatrevaux et René Roy ainsi que celui du capitaine André Dumontois qui commandait leur groupe. 

Sources
  • Correspondance avec Jean Pierre Besse, chercheur à Creil, collaborateur du Maîton (communication de ses recherches aux archives départementales de l'Oise).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Témoignage de Maurice Rideau ( 22 mai 1982)
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom. Tome 43, page 270.
  • Site internet sur la résistance dans le noyonnais : etablissements.ac-amiens.fr/0600040t/resistance/1941.htm
  • Courriel de M. Fabien Crinon, secrétaire de la Société Historique, Archéologique et Scientifique de Noyon : photographies et informations (septembre 2013).
  • Photographie de la crypte du monument aux morts @ Fabien Crinon.
  • Photographie des stèles @ Fabien Crinon
  • Photographie de la plaque de rue @ Fabien Crinon
  • @ Photographie de Raymond Vinche, agrandissement du Parisien Libéré, archives de l'ANACR, envoi de M. Cl. Fabien Crinon 
Biographie rédigée en octobre 2010 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé).
Complétée en septembre 2013 grâce aux éléments communiqués par M. Fabien Crinon, secrétaire de la Société Historique, Archéologique et Scientifique de Noyon. 
Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.comPensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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