L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


TREBATIUS François



François Trébatius naît le 21 avril 1905 à Quimper (Finistère).
Il habite Paris 4ème au moment de son arrestation.
Conscrit de la classe 1925, il est recensé sur les listes du conseil de révision du bureau de Quimper (matricule 3103).
Son nom figure aux archives de la préfecture de police de Paris, cartons “occupation allemande” : BA 1837  liste des internés aux camps de Vaujours et  des Tourelles.
Interné au camp des Tourelles, François Trébatius fait partie d’un groupe de 36 « indésirables » (1) internés administratifs de la police judiciaire transférés, le 5 mai 1942 du CSS des Tourelles (2) vers Compiègne à la demande des autorités. 35 « indésirables » des Tourelles seront tous déportés le 6 juillet 1942. L’un d’entre eux Julien Bécet s’évade en gare de Metz, avec Jean-Antoine Corticchiato. Ce dernier est repris.
Depuis ce camp, il est déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
François Trébatius est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Son numéro d’enregistrement à Auschwitz le 8 juillet 1942 n’est pas connu. Il aurait probablement eu le numéro "46155". Il se déclare de religion catholique lors de cet enregistrement. Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
François Trébatius meurt à Auschwitz le 18 septembre 1942 d’après les registres du camp, dans les jours qui suivent une importante «sélection» des «inaptes au travail» destinés à être éliminés dans les chambres à gaz de Birkenau..

  • Note 1 : « indésirables » : Indistinctement Militants communistes (dont plusieurs anciens des Brigades Internationales) et « droits communs ».
  • Note 2 : La caserne des Tourelles, « Centre de séjour surveillé » : Ouvert d’abord aux Républicains espagnols, entassés par familles entières, aux combattants des Brigades internationales, interdits dans leurs propres pays. Les rejoignent de nombreux réfugiés d’Europe centrale fuyant la terreur nazie, des indésirables en tous genres, y compris, bien sûr, les « indésirables » français : communistes, gaullistes et autres patriotes (on ratissait large), juifs saisis dans les rafles, «droit commun» aux causes bien datées (marché noir). 
Sources
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Archives de la préfecture de police de la Seine, cartons “occupation allemande” : BA 1837 (internés aux camps de Vaujours…, Tourelles).
  • Aucun dossier au Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC) : pas de dossier «déportés», «internés et déportés», ni «victimes civiles»
  • Aucune mention au JO.
Biographie rédigée en octobre 2010 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé).
Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
*Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com. Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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