L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


TAMOWSKI Stanislas



Matricule 46127 à Auschwitz

Rescapé

Stanislas Tamowski (surnommé Stachek) est né le 9 mars 1899 à Lodz (Pologne). Il est le fils de Maryana Rentyn et de Vincenty Tamowski son époux.
Il arrive en France avec un contrat de travail en août 1924 pour la CIMT (Compagnie industrielle de matériel de transport, aujourd’hui Alsthom).
Il habite 6 impasse Grand'cour à Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire) au moment de son arrestation.
Il est marié avec Alice, Jeanne Cordou, père de deux garçons (âgés de 10 et 17 ans en 1944).
Il est ébéniste, travaillant à la réparation des wagons à la CIMT.
Membre du Parti communiste, Stanislas Tamowski est membre du bureau de la cellule communiste d'entreprise à la CIMT. 
Lettre de Stanislas Tamowski 1972
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Pendant l'Occupation, il entre dans la Résistance de Touraine sous le pseudonyme de "Charles".
Il est arrêté dans la nuit du 9 au 10 février à son domicile par la police allemande, à la suite de la mort d’une sentinelle allemande, rue du Hallebardier à Tours (en cliquant sur ce lien, lire l’article du blog). 50 otages sont désignés (40 Juifs et 10 communistes). Stanislaw Tamowski mentionne Seguin, Le Tondu, Legendre de Joué les Tours, Morin, Hayot, Jacques Mazein, André Marteau, Chauveau, Rossignol (évadé avant le transfert à Compiègne).
A Fontevraud, 6 communistes sont exécutés le 22 février en représailles. 
A Tours, les otages communistes sont enfermés à la caserne du 501è RCC au champ de Mars, puis transférés à la prison de Tours.
Stanislas Tamowski, emprisonné à Tours le 9 février, pense avoir été interné à Compiègne le 27 avril 1942 en vue de sa déportation comme otage (C.f. sa lettre ci-contre de 1972).  Cependant il convient de noter que les 9 autres communistes tourangeaux ont été transférés à Compiègne le 17 avril 1942, selon les documents administratifs et les témoignages auprès de leurs veuves recueillis par Robert Guerineau et Jean-Claude Guillon.
Depuis le camp de Compiègne, Stanislas Tamowski va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Stanislas Tamowski est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942.
Récit de son parcours

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "46127". 
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a été pas retrouvée parmi les 522 photos que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 

Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
A Auschwitz I, il est affecté au Block 18 A. 

En application d’une directive de la Gestapo datée du 21 juin 1943 accordant aux détenus des KL en provenance d’Europe occidentale la possibilité de correspondre avec leur famille et de recevoir des colis renfermant des vivres, Stachek, comme les autres détenus politiques français d’Auschwitz, reçoit en juillet 1943 l’autorisation d’échanger des lettres avec sa famille - rédigées en allemand et soumises à la censure - et de recevoir des colis contenant des aliments. Ce droit leur est signifié le 4 juillet 1943. 
Entre le 14 août 1943 et le 12 décembre 1943, il est en quarantaine au Block 11 avec la quasi totalité des Français survivants. Lire l'article du blog "les 45000 au block 11.  Le 12 décembre, les Français quittent le Block 11 et retournent dans leurs anciens Kommandos.
Stanislas Tamowski est transféré à Flossenbürg, en haute Bavière, le 31 août 1944 avec 30 autres "45.000".
Le 29 octobre 1944 il est transféré du camp de Flossenbürg au camp de Wansleben (usine de potasse, un des kommandos extérieurs de Buchenwald) avec 10 autres « 45.000 », où ils sont enregistrés. « Stachek » reçoit le  matricule "93414". 
Le 12 avril 1945, Wansleben est évacué à marche forcée (une terrible "marche de la Mort"). Les "45.000" contournent Halle par le nord. André Gaullier et Maurice Rideau s'évadent le 13. Les autres, dont Stanislas Tamoski, sont libérés le 14 ou le 15 avril 1945 entre les villages de Quellendorf et de Hinsdorf. l.
Libéré le 11 avril 1945 par les troupes américaines, il regagne la France le 11 mai, très éprouvé et présentant de nombreuses séquelles de sa déportation.
Le titre de « Déporté politique » lui a été attribué (n° 1109 11297).
Il reçoit la carte de Combattant volontaire de la Résistance (N° 124627).
Stanislas Tamowski est mort à la maison de santé de St Benoît-la-Forêt (Indre-et-Loire) le 3 septembre 1978. 
Il a été homologué "Déporté politique" et décoré de la médaille de "Combattant volontaire de la Résistance".
Sa mémoire a été honorée sur le site de la fédération du PCF d'Indre et Loire.

Sources

  • Fiche départementale FNDIRP (N° 022943)
  • Fiche: " Victimes de l'occupation allemande"
  • Sa lettre (janvier 1972 )
  • Souvenirs de Maurice Rideau, qui rappelle qu’on le surnommait "Stachek" (1982). -- Acte de décès (17 décembre 1980).
  • Journaux locaux 1942 et 1945 (sources Robert Guérineau).
  • Enquêtes de Robert Guerineau (1980) et Jean-Claude Guillon (1980), (bibliothécaire retraité, membre de l’Institut CGT d’histoire sociale en région Centre, collaborateur du Maîtron).
  • Courriers de Roger Prévost, (déporté résistant, ancien de Sachsenhausen, de l’ADIRP d'Indre-et-Loire (1981 et 1991, 1993).
Biographie rédigée en octobre 2010 (complétée en 2017) par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé).
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