L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


REAU Paul





46038

Paul Réau est né le 18 juin 1902 à Eve (Oise). Il est le fils de Louise, Augustine Vibert, 26 ans sans profession et d'Auguste Réau, 34 ans,  marchand de vins. Paul Réau a une soeur jumelle, Germaine. Il habite Eve 
au 22 rue du Pont au moment de son arrestation. 
Le 4 décembre 1926, à Eve, il épouse Ernestine, Léontine Pognart (née le 5 décembre 1899) à Dammartin-en-Goële). Le couple a une fille,Jeannine, née en 1926 à Eve.
Paul Réau est mécanicien à la Compagnie des chemins de fer du Nord. Il travaille à Nanteuil-le-Haudouin (Oise), où il est délégué syndical (CGT).
Communiste connu, il est secrétaire de la section de Nanteuil-le-Haudouin au moment du Front populaire et représente son parti à différentes consultations électorales.
Paul Réau est candidat au conseil d'arrondissement (canton de Nanteuil) en 1931 et six ans plus tard au conseil général en 1937 où il enregistre des progrès notables (453 voix sur 2090 inscrits). Une première fois candidat aux municipales dans sa commune en 1929, il n’est élu conseiller municipal de Ver-sur-Launette qu’en 1935 (34 voix sur 67 inscrits) ( Maitron).
Il est déchu de son mandat électoral en 1940 par le Conseil de préfecture, "pour appartenance au Parti communiste". Il est mobilisé de mars à juillet 1940.

Pendant l’Occupation il entre dans la Résistance. Paul Réau est arrêté le 16 juillet 1941 en même temps que Jules Dubrulle de Nanteuil-le-Haudoin, et dans la même période que Paul Crauet (45410) Georges Gourdon (45622), Marcel Bataillard (45203) et André Gourdin (45621), Gustave Prothais (46018), tous déportés à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942.
Paul Réau est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), autour du 18 juillet 1941. Il y reçoit le matricule 1303, est affecté à son arrivée au camp C baraque 9. 
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».

Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 46038, 
selon la liste (incomplète) par matricules du convoi reconstituée en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz.
Paul Réau meurt à Auschwitz le 7 août 1942 d’après son certificat de décès remplie au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 988). Sa fiche d'état civil établie en France après la Libération porte toujours la mention «décédé le 6 juillet 1942 à Auschwitz». Il est regrettable que le ministère n'ait pas corrigé cette date, à l'occasion de l'inscription de la mention "mort en déportation" sur son acte de décès (Journal officiel du 8 mars 1997). Ceci était pourtant rendu possible depuis la parution de l'ouvrage publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Une plaque commémore son souvenir

Sources
  • Correspondance (mai 1991) avec Jean-Pierre Besse, historien, chercheur à Creil (communication de ses recherches aux archives départementales de l'Oise, séries M, et renseignements qu’il a recueillis auprès de M. Joseph Courcelles, beau-frère de Paul Réau).
  • 3 photos transmises par JP Besse.
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • © Archives en ligne de l’Oise.
Biographie rédigée en octobre 2010 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé).
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