L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


LEVY Jacques, Emmanuel



Matricule "46295" à Auschwitz

Jacques Lévy est né le 19 février 1905 à Tours (Indre-et-Loire) où il habite au 43 rue Delperrier, au moment de son arrestation. 

Il est le fils de Clémentine Joseph, 22 ans, sans profession et de Seligman Levy, 32 ans, négociant. ses parents habitent au 21 rue du Gazomètre à Tours.
Jacques Lévy va travailler avec sa mère, veuve depuis plusieurs années, comme négociant en tissus. Il est célibataire.
Jacques Lévy est arrêté comme otage Juif dans la nuit du 9 au 10 février à son domicile par la police allemande, en représailles à la mort d’une sentinelle allemande, rue du Hallebardier à Tours (en cliquant sur ce lien, lire l’article du blog). 50 otages sont désignés (40 Juifs et 10 communistes). Ils sont dirigés le 17 ou le 18 avril 1942 vers le camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) en vue de leur déportation comme otages.

Depuis le camp de Compiègne, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Jacques Lévy est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 46295.
Stanislaw Tamowski, seul rescapé d'Indre et Loire du convoi
mentionne le décès de Jacques Lévy
Jacques Lévy meurt à Auschwitz le 22 août 1942, d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 717). L’arrêté du 3 juillet 1995 publié au J.O. du 18 août 1995 portant apposition de la mention "mort en déportation" rectifie la date initiale erronée et indique "décédé le 22 août 1942 à Auschwitz et non le 1er octobre 1942 » date figurant sur l'acte officiel délivré par les services d'Etat-civil de Tours. Afin de donner accès aux titres et pensions pour les familles des déportés, l’état civil français n’ayant pas eu accès après-guerre aux archives d’Auschwitz emportées par les armées soviétiques, avait fixé celle-ci à une date fictive (le 1er, 15 ou 30 d'un mois estimé) sur la base du témoignage de deux de ses compagnons de déportation qui se souvenaient de lui.

Sources

  • Stanislaw Tamowski, rescapé, mentionne sa présence dans une lettre du 20 janvier 1972 (ci-contre). Maurice Rideau, lui aussi rescapé, l'a connu et lui a parlé à Auschwitz "fils d'un important chausseur de Tours" écrit-il.
  • Mairie de Tours (20 juillet 1992)
  • Journaux locaux 1942 et 1945 (sources Robert Guérineau).
  • Enquêtes de Robert Guerineau (1980) et Jean-Claude Guillon (1980), (bibliothécaire retraité, membre de l’Institut CGT d’histoire sociale en région centre, collaborateur du Maîtron).
  • Courriers de Roger Prévost, (déporté résistant, ancien de Sachsenhausen, de l’ADIRP d'Indre-et-Loire (1981 et 1991, 1993)
  • Bureau des archives des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel consulté en juillet 1992).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
Biographie rédigée en octobre 2010, complétée en 2017, par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé).
Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

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