L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


DE FOOR Cyrille, Alphonse



45431

Cyrille De Foor est né le 1er juillet 1911 à Montataire (Oise). Il est le fils d'Emile de Foor, ouvrier d'usine  et de Maria Van Hoecke, de nationalité belge. Le 24 août 1935. il épouse Lucile Dewerdt. Elle est plieuse «Aux 100.000 chemises» (recensement de 1936).  Le couple 
habite au 2 rue Lesiour au moment de son arrestation.

Cyrille De Foor travaille dès 15 ans dans la métallurgie de Montataire  : à l'usine Wallut en 1926, aux Forges de Montataire entre 1931 et 1936. Il est un militant communiste, avant et après 1939. Le 1er décembre 1940 il est convoqué à la gendarmerie, et selon le rapport de gendarmerie,  il déclare ne pas renier ses idées.
Il est arrêté le 16 juillet 1941. Le même mois, sont arrêtés :  Marc Quénardel (de Montataire), Paul Crauet (4541) Georges Gourdon (45622), Marcel Bataillard (45203) et André Gourdin (45621), Gustave Prothais (46018), Jules Dubrulle, Paul Réau (46038), tous déportés à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942.
Il est remis à leur demande aux autorités allemandes qui l’internent au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), peu de jours après. Il est enregistré sous le numéro matricule 1310. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».

Cyrille De Foor est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le Parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45431 selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz..
Cyrille De Foor meurt à Auschwitz le 21 mars 1943 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 300).
Sa fiche d'état civil établie en France après la Libération (le 30 octobre 46, jugement déclaratif de décès) porte toujours la mention «décédé l’an 1943, le 15 mars à Auschwitz (Pologne)». Même pour une différence de quelques jours, Il serait souhaitable que le ministère corrige ces dates fictives qui furent apposées dans les années d'après guerre sur les état civils, afin de donner accès aux titres et pensions aux familles des déportés. Cette démarche est rendue possible depuis la parution de l'ouvrage "Death Books from Auschwitz" publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Cyrille De Foor est déclaré "Mort pour la France" le 6 mars 1947. La mention «Mort en déportation» a été ajoutée à son état civil le 23 novembre 1989.
Une rue de Montataire porte son nom.

Sources
  • Correspondance en mai 1991 avec Jean-Pierre Besse, historien, collaborateur du Maitron (communication de ses recherches aux archives départementales de l'Oise, séries M et W 8250, et auprès de l'état civil de la mairie de Montataire).
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P consultées en 1992).
  • Photo de l'usine Wallut, © DR ministère de l'agriculture, conseil général et régional.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
Biographie rédigée en octobre 2010 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé).
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