L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


CRAUET Paul, Louis, Théophile



Matricule "45410" à Auschwitz

Paul Crauet est né le 28 mars 1906 à Monchy-Saint-Eloi (Oise). Il habite Creil au moment de son arrestation. Fils d'un ajusteur et d'une ouvrière en mannequins. Son père est mort à la guerre 14/18. Paul Crauet est déclaré pupille de la Nation (jugement du tribunal civil de Paris, 6 novembre 1919). Il s'est marié le 22 mars 1932 à Herchies. Il est dessinateur industriel chez Citroën à Paris. Paul Crauet est militant communiste.
Pendant l'Occupation il appartient à un groupe de l'O.S. de la région de Creil (dont le responsable est André Gourdin, et qui opère des sabotages et fait de la récupération d'armes). Convoqué par la police le 29 janvier 1940, il refuse selon le rapport de police "de renier ses anciennes idées".
Paul Crauet est arrêté le 16 juillet 1941 à son domicile par la police allemande, "pour actions de résistance", dans la même période que Georges Gourdon (45622), Marcel Bataillard (45203) et André Gourdin (45621) également déportés à Auschwitz dans le même convoi. Il est conduit à la Gendarmerie de Liancourt (Oise). Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le jour même. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Paul Crauet est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942, dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45410selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz. Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a été pas retrouvée parmi les 522 photos que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks. On ignore dans quel camp il est affecté à cette date.
Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Paul Crauet meurt le 14 août 1942 à Auschwitz d'après la liste par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau. Son état civil établi dans les années d'après guerre repris par l'arrêté du 18 novembre 1987 publié au J.O. du 29 janvier 1988 portant apposition de la mention "mort en déportation" portent une autre date "décédé le 15 août 1942 à Auschwitz (Pologne)." La raison en est simple : afin de donner accès aux titres et pensions aux familles des déportés, l’état civil français n’ayant pas eu accès dans les années d'après-guerre aux archives d’Auschwitz emportées par les armées soviétiques, a fixé celle-ci à une date fictive (le 1er, 15 ou 30 d'un mois estimé) sur la base du témoignage d'un de ses compagnons de déportation.

Sources
  • Correspondance (mai 1991) avec Jean Pierre Besse, chercheur à Creil (ses recherches aux archives départementales, séries M et 33 W 8250.
  • L'arrestation de Paul Crauet est mentionnée dans le questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, en 1987, rempli par André Gourdin, fils de Georges Gourdin.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • "Livre des déportés ayant reçu des médicaments à l'infirmerie de Birkenau, kommando d'Auschwitz" (n° d'ordre, date, matricule, chambre, nom, nature du médicament) du 1.11.1942 au 150.7.1943.
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P consultées en 1992).
Biographie rédigée en octobre 2010 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.comPensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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