L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


CHAUVEAU Bernard, Raymond.




45364
Bernard Chauveau est né le 4 mars 1920 à Tours (Indre-et-Loire) où son père Louis Chauveau, cheminot, est employé à la compagnie des Chemins de Fer d'Orléans. Sa mère Solange est couturière. Il habite au 60 avenue du Canal à Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire) au moment de son arrestation.
Il est célibataire.

Il adhère aux Jeunesses Communistes, dont son frère, Lucien, imprimeur, en est le secrétaire départemental (Lucien est né en 1914, interné, il meurt pendant son hospitalisation à Beaumont-la Ronce, le 1er décembre 1942).
Actif pendant l'Occupation (tracts, inscriptions), Bernard Chauveau est arrêté dans la nuit du 9 au 10 février à son domicile par la police allemande, à la suite de la mort d’une sentinelle allemande, rue du Hallebardier à Tours (en cliquant sur ce lien, lire l’article du blog). 50 otages sont désignés (40 Juifs et 10 communistes). A Fontevraud, 6 communistes sont exécutés le 22 février en représailles. A Tours, les otages communistes sont enfermés à la caserne du 501ème RCC au champ de Mars, puis à la prison de Tours. C'est là que Maxime Despouy (un JC arrêté en 1941 et qui purge une peine de 12 mois) écrit « c’est là que je revis André Marteau plusieurs fois pour lui passer à manger. Je le revis avec plusieurs camarades, Chauveau Bernard, Mazein Jacques, Seguin et bien d’autres qui ne devaient jamais revenir ».
Ils sont dirigés le 17 avril 1942 vers le camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) en vue de leur déportation comme otages. « Marteau et Chauveau sont venus me parler à travers le guichet de la porte de ma cellule. Je ne devais plus les revoir».
A Compiègne, il reçoit le matricule 3864.

Bernard Chauveau est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45364.
Bernard Chauveau meurt le 19 septembre 1942 selon les registres du camp (date reprise par son acte de décès communiqué par la mairie de St Pierre des Corps et l’arrêté du 8 octobre 1987, publié au JO du 14 novembre 1987 portant apposition de la mention "mort en déportation"

Sources

  • Maxime Despouy, témoignage de 1945.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Archives de Caen du ministère de la Défense). "Liste communiquée par M. Van de Laar, mission néerlandaise de Recherche à Paris le 29.6.1948", établie à partir des déclarations de décès du camp d'Auschwitz (N°31894, N°68).
  • Certificats de naissance et de décès.
  • Photo d’avant guerre transmise par Jean Claude Guillon.
  • Journaux locaux 1942 et 1945 (sources Robert Guérineau).
  • Enquêtes de Robert Guerineau (1980) et Jean-Claude Guillon (1980), (bibliothécaire retraité, membre de l’Institut CGT d’histoire sociale en région centre, collaborateur du Maîtron), fils de Jean Guillon, membre du "triangle" de direction du PC pour l'Indre-et-Loire, condamné à mort par contumace, arrêté sous un faux nom et déporté à Mauthausen. Il fut député en 1945.
  • « L’Indre et Loire sous l’occupation allemande » de Robert Vivier (Inspecteur d’Académie en 1942, Préfet à la Libération, correspondant du comité d'Histoire de la IIème guerre mondiale), liste des otages Juifs.
  • Courriers de Roger Prévost, (déporté résistant, ancien de Sachsenhausen, de l’ADIRP d'Indre-et-Loire (1981 et 1991, 1993)
Biographie rédigée en octobre 2010 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé).
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