L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BRESOLIN Louis

Louis Bresolin, in Magrinelli op. cité

Louis Bresolin est né le 13 février 1909 à Bassano (Italie). Il habite 19 rue Edouard de Dreux à Valleroy au moment de son arrestation. Il est mineur (machiniste) à la mine de fer de Valleroy. 
Louis Bresolin est secrétaire du syndicat CGT des mineurs de Valleroy. 
Il est membre du Parti communiste.

Le 20 février 1942 des Feldgendarmen l'arrêtent (Antoine Vanin, 46171, rescapé, et Emile Tunési, qui feront eux aussi partie du convoi du 6 juillet 1942 sont arrêtés le même jour). Il s’agit de la deuxième vague d’arrestations d’otages qui suit dans tout le département (Auboué, Audun, Longwy, Jarny, Homécourt, Valleroy, Villerupt, Valleroy) le sabotage du transformateur d'Auboué (lire le récit du sabotage du transformateur d’Auboué, dans la nuit du 4 au 5 février 1942).
Louis Bresolin est probablement incarcéré, comme Antoine Vanin à la prison de Briey le 20 février 1942 et il a sans doute subi le même parcours : interné au camp d’Ecrouves le 23 février et à Nancy le 5 mars. Antoine Vanin est remis aux autorités allemandes à leur demande le 10 avril 1942. Celles-ci l’internent au camp allemand de Royallieu (Frontstalag 122) à Compiègne en vue de sa déportation comme otage.
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».
Louis Bresolin est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les judéo-bolcheviks »responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu. 
Le numéro «46223 ??» figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules, qui n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a été pas retrouvée parmi les 522 photos que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 

Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. 
Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
L'entrée du camp d'Auschwitz
Le maire de Valleroy à rapporté le témoignage d’Emile Vanin selon lequel son camarade Louis Bresolin serait mort dès son arrivée au camp, tué à coups de bâtons. Selon la liste communiquée par la mission néerlandaise de 1948, la mort de Louis Bresolin a été enregistrée le 18 septembre 1942 (date reprise par l’arrêté du 4 septembre 2007 portant apposition de la mention Mort en déportation sur les actes et jugements déclaratifs de décès).
Une rue de Valleroy porte son nom.

Sources
  • Réponse à ma demande d’informations de M. R. Besnier, maire de Valleroy (3 octobre 1989).
  • Photo in "Antifascisme et Parti communiste en Meurthe-et-Moselle" (Jean Claude et Yves Magrinelli) page 246.
  • Auboué (Paul Viard), pages 150 et 151.
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Archives de Caen du ministère de la Défense).
  • Liste communiquée par M. Van de Laar, mission néerlandaise de Recherche à Paris le 29.6.1948, établie à partir des déclarations de décès du camp d'Auschwitz (n°31850).

Biographie mise à jour en juin 2013, modifiée en 2016. Rédigée en juin 1997 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des 45000, éditions Autrement, Paris 2005, et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000, éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

Aucun commentaire: