L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


SOYER Roland



Roland Soyer est né le 7 février 1911 à Fouilloy, canton de Formerie (Oise). 
Son père, originaire de Seine-Inférieure/Seine-Maritime, est employé à la Compagnie des chemins de fer du Nord. Sa mère est couturière.
Roland Soyer est orphelin de mère très tôt (sans doute après sa naissance, puisqu’au recensement de 1911, son père est seul avec quatre enfants : Roland et 3 sœurs, Liliane, Cécile et Madeleine. Roland est élevé avec sa soeur Cécile par Angela Daverton, leur grand-mère. 

Roland Soyer travaille d'abord comme aide-fromager à Fouilloy. En 1926, il perd son travail à la succursale des Fermiers réunis. Il quitte Fouilloy en 1931. Il devient homme d'équipe à la Compagnie des chemins de fer. Il se marie le 8 mai 1935 avec Emilia Hannon. Le couple a deux enfants, Rolande et Pierre. Roland Soyer habite Abancourt (canton de Formerie dans l'Oise), au moment de son arrestation.
Il est militant communiste y compris pendant l'Occupation ce qui lui vaut d'être fiché par la gendarmerie française. Il est arrêté le 21 octobre 1941 et remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne où il est enregistré sous le n°1837. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages

Roland Soyer est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu. Le numéro «46114» figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) et signalé comme incertain, correspond à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Cette reconstitution n’a pu aboutir complètement en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules.
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de son décès à Auschwitz. 
L'arrêté du 27 septembre 2003 paru au J.O. portant apposition de la mention «Mort en déportation» sur son acte de décès, reprend la mention « décédé le 15 octobre à Auschwitz», qui est celle portée sur son acte de décès le 24 octobre 1946.

Sources

  • Echange de courriers avec Jean-Pierre Besse, historien, professeur d'histoire à Creil (communication de ses recherches aux archives départementales 33W8250 Série M), collaborateur du Maitron.
  • Mairie de Fouilloy (décembre1991).
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Photo de la plaque et notice in Site internet "Rail et mémoire"
  • Courriel de Michel Winkel, un des deux fils de Cécile Soyer (mai 2015) concernant Angela Daverton.
Biographie rédigée en novembre 2007 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé).
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