L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


PINAULT Roger




Roger Pinault, fils de Léon Pinault et de Maria Bouffault, est né le 28 janvier 1919 à Saint-Denis-en-Val (Loiret). Il habite au Bourg-neuf d’Ormes (Loiret) au moment de son arrestation.
Il est ouvrier boulanger (C.f sa fiche d’otage ci-contre) et cimentier par la suite (selon la liste du camp de Chateaubriant).
Fiche d'otage (XLIV - 62 CDJC)
Célibataire, adhérent à la jeunesse communiste, il est arrêté pour «propagande communiste», le 21 avril 1941, par la gendarmerie française, en même temps que Maurice Graffin et André Gaullier.
D'abord écroué à la prison d'Orléans, il est interné avec eux aux camps de Fontevraud (selon le témoignage d'André Bolzé)  et de Chateaubriant, où il reçoit le matricule n° 719. 

Bordereau du camp de Choisel d'André Gaullier, Maurice Graffin et Roger Pinault, indiquant leur transfert à Compiègne
Roger Pinault est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, le 18 avril 1942 en vue de sa déportation comme otage. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages.
Roger Pinault est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu. Le numéro «45993 ?» figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) et signalé comme incertain, correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Cette reconstitution n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules.
On ignore sa date de décès à Auschwitz. D'après le témoignage d'André Gaullier, rescapé qui l'avait bien connu, Roger Pinault aurait été pendu à Auschwitz au début de l'année 1943. Toutefois la date retenue dans les années d'après guerre par l'état civil français est "décédé le 25 novembre 1942 à Auschwitz", date que maintient l’arrêté du 31 juillet 1997 paru au J.O, qui porte apposition de la mention « Mort en déportation » sur son acte de décès. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Une plaque à sa mémoire se trouve au cimetière communal d’Ormes.

Sources

  • Témoignage d'André Gaullier (15 mai 1973).
  • Echange de courriers avec Louis Oury, écrivain, à la suite de ses recherches aux archives de Nantes et celles du camp de Châteaubriant (dossiers, bordereaux), en avril et mai 1991.
  • Bureau des archives des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel) décembre 1992.
  • André Bolzé. Récit : De Paris à l'Elbe (MRN Champigny).
Biographie rédigée en novembre 2007 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé).
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1 commentaire:

Anonyme a dit…

Merci, d'avoir rappelé à tous le destin de ces prisonniers