L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


LlORENS Joseph


Matricule "45798" à Auschwitz

Joseph Llorens est né le 14 septembre 1896 à Cherchell (Algerie). 
Il habite au 76 rue Saint-Marc à Orléans (Loiret) au moment de son arrestation.
Il a épousé Thérèse, Yvonne Hallot le 4 octobre 1921 à Châteaudun (Eure-et-Loir) où elle est née le 16 août 1897. Le couple a une fille, Nicole, qui naît le 30 septembre 1933. 
Joseph Llorens travaille comme fumiste ou monteur en chauffage.
Il est membre du Parti communiste.
Pendant l’Occupation, il est arrêté le 19 octobre 1941 par la police française, à Orléans, pour ses activités politiques antérieures, le même jour que 7 de ses camarades (ils seront eux-aussi déportés  à Auschwitz : Marcel BoubouCyprien Depardieu, Marcel CouillonRobert DuboisHenri FerchaudRaymond Gaudry, André Lioret ).
Comme eux, il est conduit à la prison rue Eugène Vignat à Orléans.
Puis il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp allemand de Royallieu à Compiègne. Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. 
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Joseph Llorens est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. 
Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942.
Lettre du train de Robert Dubois qui cite Joseph Llorens
Depuis le train, le 6 juillet 1942,  Robert Dubois, militant d’Orléans jette sur le ballast une lettre qui décrit leur départ avec 3 jours de vivres, l'itinéraire suivi, et la présence dans le convoi de Raymond Gaudry, Joseph Llorens et Lucien Vannier. Cette lettre manuscrite a été recopiée à la machine à écrire par Henri Bouission, correspondant du Patriote Résistant pour le Loiret et envoyée à Roger Arnould en 1972 (reproduction ci-dessus).
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45798".
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a pas été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale"
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Joseph Llorens meurt le 17 août 1942 à Auschwitz d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 736).
Il est homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF) comme appartenant à l’un des mouvements de Résistance dont les services justifient une pension militaire pour ses ayant-droit.
Le 4 juin 2008, la mention "Mort en déportation" est portée sur ses actes déclaratifs de décès.


Sources
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Bureau de la Division ou Pôle des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel consulté en 1991).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • "Livre des déportés ayant reçu des médicaments à l'infirmerie de Birkenau, kommando d'Auschwitz" (n° d'ordre, date, matricule, chambre, nom, nature du médicament) du 1.11.1942 au 150.7.1943.
  • "Ceux du groupe Chanzy". André Chène (Librairie Nouvelle, Orléans 1964, brochure éditée par la Fédération du Loiret du Parti communiste.
Biographie rédigée en novembre 2007, complétée en 2018, par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com 

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