L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


HENRY Robert, André



45658

Robert Henry est né le 30 avril 1917 à Fouquerolles (Oise). Il est le fils de Palyrme Henry. Il habite à la Ferme des Cent mines à Bresles-sur-Oise, puis au 25 rue Jean Mazille à Beauvais (Oise) au moment de son arrestation.
Il est célibataire et travaille comme scieur de bois à la SNCF.
Pendant l’Occupation, il est arrêté le 12 décembre 1940 pour distribution de tracts communistes. Il est condamné à 6 mois de prison. Il est interné
au camp allemand de Royallieu à Compiègne, où il reçoit le matricule 1457. Il arrive à Compiègne entre la fin juillet et le 10 août 1941 (ces dates correspondant à des numéros matricules de "45000" qui précèdent ou suivent le sien).  Ce qui signifie qu'à l'expiration de sa peine en juin 1941, il a vraisemblablement été libéré, puis arrêté à nouveau (1) et incarcéré à Compiègne à la demande des autorités allemandes. On relève plusieurs arrestations dans l'Oise de futurs déportés de son convoi à la mi-juillet 1941. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages

Robert Henry est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 presque certainement sous le numéro 45658. Se
lon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz, on trouve en effet face au numéro matricule 45658 qui lui correspond par ordre alphabétique,  la date de décès du 7 septembre 1942. Or il est mort à cette date d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 438). La photographie anthropométrique est par ailleurs celle un homme de son âge. Mais seule une identification par une personne l'ayant connu ou possédant des photographies de lui pourrait lever le doute.

Sa fiche d'état civil établie en France après la Libération porte toujours la mention «décédé le 15 novembre 1942 à Auschwitz (Pologne)». Il serait souhaitable que le ministère corrige ces dates fictives qui furent apposées dans les années d'après guerre sur les états civils, afin de donner accès aux titres et pensions aux familles des déportés. Cette démarche est rendue possible depuis la parution de l'ouvrage "Death Books from Auschwitz" publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Il est déclaré Mort pour la France le 30 mars 1950.

  • Note 1 : Classée «secret», la circulaire n°12 du 14 décembre 1939, signée Albert Sarraut, ministre de l’Intérieur, fixe les conditions d’application du décret du 18 novembre 1939 qui donne aux préfets le pouvoir de décider l’éloignement et, en cas de nécessité, l’assignation à résidence dans un centre de séjour surveillé, des «individus dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique». Lire l’article très documenté et illustré sur le blog de Jacky Tronel (Histoire pénitentiaire et justice militaire) : Circulaire d'application du décret-loi du 18 novembre 1939 |
Sources
  • Recherches de Mme Denise Benoit, enseignante (27 septembre 1993).
  • Page «La répression», in brochure de Marcel Dubos et Claude Aury (1974).
  • Mairie de Beauvais : Acte de décès établi le 4 octobre 1946.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Liste (incomplète) par matricules du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
Biographie rédigée en 2007 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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