L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


HANSE Georges, Fernand, Raymond



45653
Rescapé


Georges Hanse est né le 2 juillet 1912 à Beauvais (Oise). Il y habite, au 23 rue Jean Mazelles au moment de son arrestation.
Il est marié, père de 3 enfants, exerce le métier de plombier couvreur.
­Il est adhérent du Parti communiste.
Pendant l’Occupation il distribue des tracts communistes  avec Jules Mercier. Il est arrêté le 10 août 1941 par la police allemande à Saint-Just-des-Marais, à 3 km de Beauvais, dans un café où il se cachait. Selon sa fille, il est arrêté sur "dénonciation et pour propos anti-allemands".
Conduit à la caserne Agel de Beauvais, il est interné le 13 août 1941 Compiègne. Il y reçoit le matricule 1546 et figure sur la liste de recensement (décembre 1941) des internés du camp de Compiègne nés entre 1912 et 1922 «aptes à être déportés à l’Est», en application de l’avis du 14 décembre 1941 du Commandant militaire en France, Otto von Stülpnagel (archives du CDJC IV 198). 
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».

Georges Hanse est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45653. 
Ce matricule sera tatoué sur son avant-bras gauche quelques mois plus tard. Après l’enregistrement, il passe la nuit au block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces contigües). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau (Brzezinka), situé à 4 km du camp principal. 
Le 13 juillet, raconte  Pierre Monjault: «Nous sommes interrogés sur nos professions. Les spécialistes dont ils ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et s'en retournent à Auschwitz I, ils sont approximativement la moitié de ceux qui restaient de notre convoi ».Georges Hanse est affecté au Block 15 et au Kommando des "Installateurs" avec Georges Gaudray : «Il avait travaillé aux fours crématoires et une fois il avait été mis en joue par un officier allemand pour avoir donné un coup de coude à déporté nouvel arrivé qui n’avait pas enlevé son béret et qui ne connaissait pas l’allemand. Ce jour là la chance était de son côté, ils ont eu la vie sauve tous les deux». 
En application d’une directive datée du 21 juin 1943 accordant aux détenus français des KL la possibilité de correspondre avec leur famille et de recevoir des colis renfermant des vivres, il reçoit le 4 juillet 1943, comme les autres détenus politiques français d’Auschwitz, l’autorisation d’écrire. Ces lettres sont rédigées en allemand et soumises à la censure.

Entre le 14 août 1943 et le 12 décembre 1943, il est en quarantaine au Block 11 avec la quasi totalité des Français survivants. Lire l'article du blog "les 45000 au block 11.  Le 12 décembre, les Français quittent le Block 11 et retournent dans leurs anciens Kommandos. 
Après la quarantaine, il entre en contact avec les déportées françaises quand il installe des sanitaires dans le Block de Marie-Claude Vaillant-Couturier à Birkenau. Lire L'aide des "45 000" aux femmes de Birkenau.
Le 31 août 1944, il est transféré à Flossenbürg (matricule 19 907) où il reste un mois. Puis il est transféré vers le sous-camp de Leitmeritz (ouvert en mai 1944). Le 21 avril 1945, les premières évacuations du camp ont lieu. Il est sur les routes. Georges Hanse est libéré le 8 mai 1945. Lire dans le blog , "les itinéraires suivis par les survivants".
Il est rapatrié le 24 ou 25 mai 1945 par le Centre de Bourgogne.
Georges Hanse est homologué «Déporté politique» le 12 juin 1952.
Il décède d'un cancer du foie, le 7 avril 1974.

Sources

  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, en 1987, rempli par sa fille, Mme Georgette Duserre, née Hanse en 1989.
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel, consulté en 1993).
  • André Montagne se souvient de lui à Compiègne.
Biographie rédigée en novembre 2007 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. *Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com. Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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