L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


GRAFFIN Maurice



Matricule "46241" à Auschwitz

Maurice Graffin est né le 1er janvier 1920 à Donnemain-St-Mamès (Eure-et-Loir). Il habite Jallans 
(Eure-et-Loir) au moment de son arrestation. Il est ouvrier maçon.
Après l’Occupation, il est arrêté le 21 avril 1941, pour «propagande communiste» avec Roger Pinault et André Gaullier. Une fiche d'otage individuelle très détaillée a été réalisée par l'état major allemand.

Ecroué à la prison d'Orléans, Maurice Graffin est ensuite interné aux camps de Fontevraud (avec André Gaullier et Roger Pinault selon le témoignage d'André Bolzé), puis au camp de Choisel à Châteaubriant, où il porte le matricule 718. Marius Thirouard, également de Jallans est lui aussi interné à Châteaubriant après son arrestation le 22 juin 1941.
Bordereau du camp de Choisel portant mention du transfert à Compiègne de Maurice Graffin, Roger Pinault, André Gaullier

Il est remis avec ses deux camarades.aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le 9 ou le 18 avril 1942, en vue de sa déportation comme otage.
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Maurice Graffin est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. 
Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 46241 selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz.
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a été pas retrouvée parmi les 522 photos que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks. 
Maurice Graffin meurt à Auschwitz le 15 novembre 1942, d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 380). Un arrêté paru au J.O. du 27 décembre 1993 porte apposition de la mention «Mort en déportation» sur son acte de décès, et «décédé en déportation». Si le J.O. du 18 février 1994 a précisé cette mention en y apposant une date fictive (31 juillet 1942), il serait souhaitable que le ministère prenne désormais en compte les dates des archives du camp d’Auschwitz emportées par les soviétiques en 1945, et qui sont accessibles depuis 1995.

Sources

  • Témoignage d’André Gaullier, rescapé.
  • Echange de courriers avec Louis Oury, écrivain, à la suite de ses recherches aux archives de Nantes et celles du camp de Châteaubriant (dossiers, bordereaux), en avril et mai 1991.
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Bureau des archives des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • © Site Legifrance.gouv.fr
  • André Bolzé. Récit : De Paris à l'Elbe, MRN Champigny.
Biographie rédigée en novembre 2007, complétée en 2017, par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé).
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